Le président Aoun recevant, hier, le ministre de la Santé Jamil Jabak. Photo Dalati et Nohra
Le ministère de la Santé devra effectuer des coupes drastiques dans ses dépenses pharmaceutiques, a affirmé hier le ministre de la Santé Jamil Jabak, reçu par le président Michel Aoun au palais de Baabda. M. Jabak a passé en revue avec le chef de l’État l’impact du plan de compression budgétaire sur la politique de santé.
« Compte tenu du fait que le déficit budgétaire doit régresser de 1 %, il sera difficile de disposer d’un budget à la hauteur de nos ambitions, a dit le ministre de la Santé en quittant le palais présidentiel. Nous allons devoir appliquer une politique de rationalisation financière en réduisant la facture pharmaceutique, surtout sur les médicaments d’oncologie et d’hématologie, des produits sur lesquels nous avons dépensé l’an dernier 240 milliards de livres. Nous le ferons grâce à des accords que nous passerons avec des compagnies pharmaceutiques européennes, notamment en France et en Grande-Bretagne. J’en ai parlé avec le président. Nous devrons réduire notre facture de 40 %. Si l’on y ajoute certaines aides que nous recevons, la réduction pourra atteindre 50 %. Cette économie pourrait même nous permettre d’assurer une couverture médicale à 1,8 million de Libanais qui n’en possèdent aucune. »
Et le ministre d’ajouter que le ministère de la Santé envisage de faire également des économies grâce à des accords qu’il passerait avec des compagnies importatrices locales. « Nous pourrions faire des économies de dépense de l’ordre de 33 % sur les prix des médicaments, comme le commandement de l’armée a réussi à le faire », a-t-il précisé.
Tournée
Par ailleurs, le ministre de la Santé, qui a effectué une visite d’inspection hier à l’hôpital al-Rassoul al-Aazam proche du Hezbollah, a affirmé qu’un plan de réhabilitation des hôpitaux gouvernementaux sera établi pour y augmenter le nombre de lits. Il existe « une sorte d’accord » de la Banque mondiale pour l’aide aux hôpitaux gouvernementaux, a-t-il indiqué.
Le ministre, qui a déjà inspecté 28 des 33 hôpitaux gouvernementaux existants, a affirmé que certains d’entre eux sont sous-équipés et qu’il y sera remédié. Il a pointé du doigt à ce sujet les hôpitaux des « périphéries », dans les régions frontalières comme le Akkar, le Hermel, Baalbeck et le Sud. « Dès que la liste des équipements manquants sera établie, nous nous adresserons à la Direction des adjudications pour les acheter », a-t-il conclu.


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