À chaque tempête, les écoles sont fermées et le déchaînement des vagues fait le malheur des occupants des plages Saint-Michel et Saint-Simon. Je dis bien occupants et non habitants, car les petits chalets d’antan n’ont pas été transformés en logis précaires seulement, mais bon nombre servent de lieux de négoce divers, en fait un souk : brocante, céramique, porcelaine, matériaux et matériel de construction, meubles, etc. On y trouve aussi des ateliers de réparation de voiture, appareils ménagers ou autres, et l’on peut aussi souffler un narguilé en bord de mer si elle est calme. Ceci sans compter l’immense agglomération ajoutée à même le sable à quelques mètres à peine de l’eau, laquelle subit forcément des dégâts à chaque montée des vagues.
Le dévouement de Mme Leila Solh Hamadé et d’autres, dont certains seraient autrement motivés, est louable. Toutefois, il est temps de dire que ces occupants qui réclament à chaque tempête le droit d’être compensés sont des squatters tout à fait autres que ceux qui ont initialement envahi les lieux lors de la chute du camp de la Quarantaine – à l’époque, c’étaient essentiellement des Palestiniens et puis des Arabes de Maslakh Quarantina. Au fil des ans, cette population s’est transformée en acquérant la fausse conviction relayée par plusieurs médias qu’ils sont devenus propriétaires au moins des ayants droit, si bien qu’ils s’échangent à l’occasion des titres de propriété bidon. Devant le fait accompli, toute action humanitaire est louable, mais il reste que les plages Saint-Michel et Saint-Simon, à l’origine de l’industrie balnéaire au Liban, comptent parmi les rares établissements occupés et non restitués à leurs vrais propriétaires.
Il est grand temps de recenser minutieusement cette population et de s’adresser à la société Élissar, établie depuis près de vingt ans et qui s’est approprié les lieux sans pour autant compenser les vrais ayants droit (a quelques exceptions près, wasta oblige ! ). Élissar dépend du Conseil des ministres et bénéficie d’un budget annuel considérable assuré par l’État pour pourvoir à un bon nombre d’employés, de conseillers et d’avocats qui, occasionnellement, occupent deux étages à proximité du siège de l’ordre des ingénieurs à Beyrouth pour finalement faire pas grand-chose...
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