Des pilules de Captagon saisies par les forces de l’ordre. Joseph Eid/Archives AFP
Les Forces de sécurité intérieure ont annoncé hier dans un communiqué avoir saisi 813 kilos de Captagon destinés à l’exportation vers un pays arabe par un ressortissant libanais et un officier de la douane syrienne. Selon le texte, la cargaison de drogue, un produit dopant combinant une amphétamine et une théophylline, était cachée « d’une manière très professionnelle dans la garniture de fauteuils orientaux conçus au Liban et qui devaient être envoyés vers un pays arabe » dont le nom n’a pas été précisé par les FSI. La drogue était emballée de manière à empêcher toute détection par les machines à rayons X, précise le communiqué, qui ajoute qu’elle a pu être saisie grâce à des informations des services de renseignements parvenues à la police judiciaire.
Une unité du bureau central de lutte contre les stupéfiants a réussi, au terme d’investigations, à identifier la compagnie d’export et la date à laquelle les trafiquants comptaient mener leur opération. Le jour J, les agents de cette unité ont effectué une descente dans les locaux de la compagnie, situés à Salomé, où ils ont arrêté deux personnes identifiées seulement par leurs initiales. Il s’agit d’un Libanais de 27 ans, M.S., et d’un officier des douanes syriennes âgé de 36 ans, A.K. 813 kilos de Captagon, soit l’équivalent de 62 500 pilules, évalués à près de 8 millions de dollars, ont été ainsi saisis, précisent les FSI. La police a en outre découvert sur les lieux un revolver et d’importantes sommes en devises. Elle s’active actuellement pour démanteler tout le réseau, selon le communiqué des FSI.
Le prince du Captagon
Le Liban connaît, depuis quelques années, une recrudescence du trafic du Captagon, et le bureau de lutte contre le trafic de stupéfiants mène une guerre sans merci contre ces barons de la drogue, de nationalité libanaise et syrienne notamment, qui, profitant de la guerre en Syrie et de la porosité des frontières, ont développé leur commerce illégal vers les pays arabes. Des ressortissants arabes sont également impliqués dans ce trafic.
Mercredi, au terme d’un procès entamé en octobre 2017, le tribunal pénal du Mont-Liban a ainsi condamné à dix ans de prison le prince saoudien Abdel Mohsen ben Walid ben Saoud ben Abdel Aziz al-Saoud, baptisé le « prince du Captagon », ainsi que son garde du corps, le saoudien Yahya al-Chammari, pour possession et trafic de drogue au Liban et tentative de transport illégal de deux tonnes de pilules de Captagon de Beyrouth en Arabie saoudite à bord de son jet privé. Les deux hommes ont également été condamnés au versement de dix millions de livres libanaises chacun, l’équivalent de près de 6 700 dollars US chacun, selon les informations du Daily Star.
Dans la même affaire, le juge Abdel Rahim Hammoud, qui préside le tribunal, a également condamné à un an de prison et au versement d’une amende de deux millions de livres trois autres Saoudiens travaillant pour le prince : Bandar Charari, Ziad al-Hakim et Moubarak al-Harthy, remis en liberté pour avoir purgé leurs peines, celles-ci étant couvertes par leurs détentions provisoires. Trois Libanais impliqués dans cette affaire ont quant à eux été condamnés par contumace aux travaux forcés à perpétuité et au versement d’une amende de 100 millions de livres libanaises chacun. Il s’agit de Hassan Jaafar, Ali Ismaïl et Marwan Kilani.
Le prince avait été arrêté en juillet 2017 à l’Aéroport international de Beyrouth après la saisie par les douanes de plus de trente malles et colis remplis de Captagon détecté par le scanner de l’aéroport. Placé en détention provisoire depuis cette date, il avait nié dans un premier temps avoir eu connaissance du contenu des bagages douteux, accusant Yahya al-Chammari d’y avoir placé la drogue à son insu.


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17 h 14, le 30 mars 2019