Nabih Berry recevant hier les députés à Aïn el-Tiné. Photo Hassan Ibrahim
Le président du Parlement libanais Nabih Berry a reporté hier sine die la séance parlementaire de questions au gouvernement qui était prévue aujourd’hui, après un premier report, et ce en attendant le rétablissement du Premier ministre Saad Hariri, qui a subi lundi à Paris une intervention chirurgicale « de précaution » pour un problème cardiaque.
« Il n’y aura pas de Conseil des ministres jeudi, ni de séance de questions-réponses au gouvernement vendredi, et ce report est dû à l’état de santé du Premier ministre, à qui nous souhaitons un prompt rétablissement », a annoncé le député Ali Bazzi, à l’issue de la réunion de concertations hebdomadaire de M. Berry avec les parlementaires à Aïn el-Tiné.
M. Bazzi a en outre indiqué que la rencontre avec les députés avait porté sur la situation économique du Liban, précisant qu’un accord s’était dégagé concernant la nécessité d’un consensus national sur les mesures à prendre face à la détérioration de la situation. « La situation économique demande des mesures qui pourraient ne pas être populaires, mais qui n’affecteront pas la stabilité des classes défavorisées », a déclaré le député Amal.
Sur un autre plan, M. Berry a insisté sur le fait que le gouvernement devrait rapidement examiner le projet de budget 2019 afin qu’il soit transmis au Parlement. Il a précisé qu’il s’était entendu hier avec le président de la République Michel Aoun sur le fait que cette question devrait constituer la priorité absolue, au cours d’un entretien téléphonique avec ce dernier. « Si le budget n’abaisse pas le déficit de plus d’un pour cent, le pays sera dans un état qui n’est pas bon », a-t-il indiqué au cours de la réunion, selon M. Bazzi.
Par ailleurs, Nabih Berry a convoqué les commissions parlementaires à une réunion commune, le 3 avril, à 10h. Le président de la Chambre a ensuite présidé une réunion du groupe parlementaire du Développement et de la Libération (mouvement Amal). L’occasion pour le bloc d’étudier la proposition de loi développée par un comité de députés chargé de préparer une nouvelle loi électorale, fondée sur le principe d’une seule circonscription électorale pour l’ensemble du territoire, le scrutin proportionnel et la parité.
Réagissant à la décision du président des États-Unis, Donald Trump, de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, le bloc a estimé qu’elle « enfreint le droit international et constitue une menace pour les territoires libanais occupés et pour les exigences de la paix au Proche-Orient ».
Le bloc a qualifié cette décision de « pot-de-vin politique et électoral pour (le Premier ministre israélien) Benjamin Netanyahu et son gouvernement », à deux semaines d’élections législatives en Israël. « Le Golan est syrien et la décision américaine est nulle et non avenue », a indiqué le bloc.
Il convient de noter que le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, en visite en République tchèque, a également rejeté hier la démarche de M. Trump, « surtout si elle porte préjudice à des territoires libanais », en allusion au cas des hameaux de Chebaa.
La commission parlementaire des Affaires étrangères libanaise a aussi condamné la décision US, appelant la Ligue arabe à prendre une position décisive à ce sujet.


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