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Liban - Liban / Russie

Aoun : La communauté internationale cherche à prendre en otages les réfugiés syriens

Le chef de l’État, qui se rend en Russie le 25 mars, affirme à des médias russes que « tous les Libanais » sont affectés par « le blocus mondial » contre le Hezbollah et l’Iran.

Le président libanais, Michel Aoun, donnant une interview à des médias russes, hier, quelques jours avant sa visite à Moscou. Photo Dalati et Nohra

Le président de la République, Michel Aoun, qui se rendra en Russie les 25 et 26 mars dans le cadre d’une visite officielle, a affirmé hier dans des déclarations accordées à des médias russes que la communauté internationale « prend en otages » les réfugiés syriens et cherche à « encaisser les dividendes » de ce dossier, « dans le cadre d’une solution politique » au conflit en Syrie voisine. « Des pressions sont exercées contre tout le monde en ce moment, à la lumière du lien que fait la communauté internationale entre la reconstruction et le retour des déplacés syriens d’une part, et la solution politique (au conflit) d’autre part », a affirmé M. Aoun.

« Les pressions politiques sont directes », a insisté le chef de l’État. « Les discussions avec les émissaires internationaux qui viennent au Liban portent sur cette question précisément. Mais le Liban s’oppose à un tel lien (…) », a-t-il ajouté.

« Le Liban agira en fonction de ses propres intérêts »

Le Liban accueille près d’un million de réfugiés syriens, et la question de leur retour fait polémique sur la scène politique libanaise. Certains responsables, comme Michel Aoun, appellent à organiser le retour de ces réfugiés vers la Syrie, estimant que le pays quasi entièrement reconquis par les forces du régime est désormais « sûr ». D’autres calquent leur point de vue sur celui de la communauté internationale.

La Russie avait annoncé en juillet dernier, à l’issue du sommet de Helsinki, son initiative pour un retour massif des réfugiés syriens du Liban et de Jordanie. Mais elle est restée lettre morte, en l’absence de financement. À la récente conférence de Bruxelles sur la Syrie, le Premier ministre Saad Hariri avait appelé à faire pression sur le régime syrien du président Bachar el-Assad pour le retour des réfugiés.

Interrogé sur la capacité du Liban à mettre en œuvre l’initiative russe pour les réfugiés au vu des conditions posées par la communauté internationale, le président Aoun a fait savoir que « le Liban prend note des conditions internationales, mais agira en fonction de ses propres intérêts ». Le haut-commissaire des Nations unies pour les Réfugiés, Filippo Grandi, « nous a confirmé que la situation des déplacés syriens qui sont rentrés est bonne et qu’ils vivent paisiblement » chez eux, a-t-il ajouté.

Concernant la normalisation des relations entre Damas et Beyrouth, une question qui divise également la classe politique libanaise, le chef de l’État libanais a fait savoir que « les relations entre le Liban et la Syrie sont normalisées, sachant que les deux pays ont leurs ambassadeurs respectifs, ce qui prouve que ces relations ne sont pas interrompues ». Michel Aoun a également révélé le souhait du Liban « de prendre part à la reconstruction de la Syrie (…) ».

Le « blocus contre le Hezbollah »

Par ailleurs, le chef de l’État libanais a abordé la question des sanctions internationales contre le Hezbollah, plus précisément celles imposées par les États-Unis qui considèrent le parti chiite comme un groupe terroriste.

« Le Liban vit sous le blocus imposé à la région, notamment du fait qu’il lui est interdit de travailler avec la Syrie, alors que le Hezbollah est sous blocus financier », a déploré le président Aoun. Et d’observer que les effets néfastes du blocus contre le Hezbollah « affectent tous les Libanais, de même que les banques du pays ». « Sous la coupe du blocus qui touche les autres pays, notamment l’Iran, le Liban passe par une crise profonde. Mais nous ne nous attendons pas à davantage de mesures concernant le secteur bancaire », a-t-il ajouté, insistant sur « la neutralité du Liban » et sa liberté de travailler avec n’importe quel pays au monde.

Le président Aoun s’entretiendra en Russie avec son homologue russe, Vladimir Poutine, mardi prochain. Il aura des entretiens également avec divers responsables russes durant son séjour. Le chef de l’État libanais a fait savoir que le programme de l’entretien avec le président Poutine est toujours en cours d’élaboration. Il a toutefois précisé que certains sujets auront trait au « Moyen-Orient et aux guerres qui secouent plusieurs pays de la région et qui ont des conséquences sur le Liban et sur la situation des chrétiens d’Orient ». Il a également mentionné le dossier des réfugiés syriens et l’initiative russe pour leur rapatriement, ainsi que le soutien libanais à cette initiative.

Le président de la République, Michel Aoun, qui se rendra en Russie les 25 et 26 mars dans le cadre d’une visite officielle, a affirmé hier dans des déclarations accordées à des médias russes que la communauté internationale « prend en otages » les réfugiés syriens et cherche à « encaisser les dividendes » de ce dossier, « dans le cadre d’une solution politique » au conflit en Syrie voisine. « Des pressions sont exercées contre tout le monde en ce moment, à la lumière du lien que fait la communauté internationale entre la reconstruction et le retour des déplacés syriens d’une part, et la solution politique (au conflit) d’autre part », a affirmé M. Aoun. « Les pressions politiques sont directes », a insisté le chef de l’État. « Les discussions...
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DES MOTS EN L,AIR !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

09 h 56, le 22 mars 2019

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Commentaires (2)

  • DES MOTS EN L,AIR !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 56, le 22 mars 2019

  • " le Hezbollah est sous blocus financier". En soi, c'est une chose excellente dont on ne peut que se féliciter. Sauf que l'efficacité laissera à désirer, tant qu'il sera possible à la milice de recevoir de l'argent en cash par des frontières poreuses. On se souvient qu'une tentative de l'Etat pour reprendre en mains la sécurité de l’aéroport avait, en mai 2008, déclenché l'attaque que l'on sait.

    Yves Prevost

    07 h 10, le 22 mars 2019

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