Le mufti Deriane, entouré hier d’une délégation du courant al-Azm. Photo ANI
C’est en termes très énergiques que des personnalités religieuses et politiques de tous bords, chrétiennes et musulmanes, ont dénoncé la boucherie islamophobe commise par un suprématiste blanc en Nouvelle-Zélande. Un acte attribué autant à l’islamophobie commune qu’à la réaction à la barbarie commise au nom de l’islam par des groupes terroristes en Occident.
Parmi ceux qui ont condamné cette terreur nue, les anciens Premiers ministres Fouad Siniora et Nagib Mikati, le mufti Abdellatif Deriane, l’archevêque maronite de Beyrouth Boulos Matar, l’ancien chef de l’État Michel Sleiman et le député du Hezbollah Mohammad Fneich. « Ce terrible massacre, a dit l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, est dû à l’incitation exacerbée des cercles sionistes hostiles aux Arabes et aux musulmans dans les sociétés occidentales, au développement de l’islamophobie, comme il peut être une réaction condamnable du terrorisme aveugle exercé par les groupes terroristes qui se sont réclamés de l’islam, ce dernières années en Occident. »
Pour sa part, le mufti de la République a opposé à « cet acte impensable » rien moins que « la formule libanaise ». « En tant que Libanais, a-t-il dit, nous sommes fiers d’avoir exporté vers le Moyen-Orient et le monde cette formule unique et diverse que nous vivons et appelons le vivre-ensemble. Nous ne permettrons pas qu’au Liban un discours extrémiste se trouve une place. Tout comme nous avons fait bloc et condamné et combattu les courants de l’exclusion takfiristes, nous continuerons d’avancer sur la voie médiane, celle du juste milieu et de la modération », a affirmé le mufti.
Le dignitaire sunnite, qui accueillait à Dar el-Fatwa l’ancien chef de gouvernement Nagib Mikati et son frère Taha, les a remerciés pour une donation qui permettra l’élargissement de la mosquée de Ras el-Nabeh.
Le brassage et la diversité
Relevant que dans le monde entier, les sociétés évoluent vers la diversité et le brassage communautaire, le mufti a considéré que le massacre de Nouvelle-Zélande est « un acte de haine dirigé contre toutes les religions », qui interpelle tous les Libanais. « Nous avons à charge d’extirper la haine de l’esprit des générations montantes, a affirmé le mufti Abdellatif Deriane. Avec nos partenaires chrétiens, nous avons vécu dans cette patrie des épisodes radieux et quelques épisodes noirs dont nous avons tous payé le prix (…). Déchirons donc ces pages noires de notre histoire et bâtissons avec les valeurs de paix, d’amour, de cordialité et d’ouverture que défendent toutes les religions. »
« Tout ce que nous voulons, a poursuivi le cheikh Deriane, c’est vivre ensemble dans des sociétés pluralistes et diversifiées (…). Nous nous sommes entendus au Liban pour vivre ensemble et nous voulons préserver nos diverses composantes dans le cadre du respect mutuel. Nous ne nous mêlons pas aux particularités religieuses des autres communautés. Ce qui nous intéresse, c’est de vivre entre nous dans l’amour, la tolérance mutuelle, la dignité et la cordialité. »


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