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Nos lecteurs ont la parole - Par Dania G. Tyan

Beirut Nutris Legum n’existe plus

Nous avons tous d’une façon ou d’ une autre une histoire d’amour avec notre cher Liban, ce beau pays de 10 452 km2, que personne n’arrive à comprendre. Au bord de la faillite à cause de la corruption, dépouillé par des charognes qui le gouvernent et le rongent vif, le peuple bataille encore chaque jour pour un rêve ou un songe de pays civilisé.

Notre vie de nuit, les clubs, restaurants, bars rivalisent avec ceux des plus grandes capitales du monde, nos DJettes et DJ jouent leurs musiques enivrant leurs audiences sur des chansons folles, douces tendres ou câlines.

Nos saints, leurs miracles sont reconnus aux quatre coins de la terre, Hardini, Charbel, Rafqa ont leurs ex-voto à chaque tournant dangereux, leurs images trônent dans presque toutes les maisons au Liban et à l’étranger.

Nos taboulé, Fattouch, Babaghanouj sont aussi célèbres que nos cèdres.

La vitrine est belle, mais la réalité est triste.

Pour un pays où ont été imprimés les premiers livres, d’où l’alphabet est parti à la conquête du monde, les libertés sont désormais en péril. Il est interdit de s’exprimer ou de poster des caricatures, de critiquer des personnalités qu’on dit de premier plan.

Les instances religieuses montent sur leurs grands chevaux quand il s’agit de libertés personnelles, mariage civil, droits de l’homme ou association protectrices des minorités telle la LGBTQ.

La police traite encore une femme battue qui va porter plainte pour viol ou un abus comme un être de troisième catégorie. Un homme s’est immolé par le feu devant l’école de ses enfants, mais rien n’a changé.

Les dirigeants circulent au Parlement en costume-cravate, sans cravate pour certains, ou en tailleur signé pour ces dames, mais quand ils parlent leurs véritables intentions paraissent au grand jour.

Ce sont des dinosaures incapables de progresser. L’emprise et la fusion entre la religion et la politique est tellement enracinée chez eux, ils sont devenus obtus. Il leur est impossible d’imaginer un pays où les libertés sont respectées.

Dix-huit confessions veulent vivre ensemble mais, en réalité, à cause des mentalités des dirigeants racistes, homophobes, sclérosées, agressives et régressives, cela devient de plus en plus difficile.

Beirut Nutris Legum n’existe plus.

Des lois vétustes et anciennes doivent être annulées et remplacées par de nouvelles. Heureusement qu’il nous reste encore une poignée de magistrats bienveillants et honnêtes qui ont le courage de faire jurisprudence, donner gain de cause à des victimes que la société abuse, que le système légal ne protège pas et qui sont laissés pour compte par un État ignorant.

Il est grand temps de séparer l’État de la religion, avoir le courage de se lever et dire que chacun pratique sa religion à la maison, vous êtes libres de prier à l’église ou dans une mosquée ou husseiniya ou être athée mais devant la loi nous sommes tous des Libanaises et Libanais, égaux en droits et en devoirs. Notre religion, orientations, couleur de peau et classe sociale n’y interfèrent pas.

Messieurs et mesdames les politiciens, vous êtes en train de profiter de ce sectarisme religieux pour écraser ce qui reste du peuple libanais, afin que vous gardiez vos sièges. Laissez les gens vivre et arrêtez de vivre à leurs dépens.

Le Liban est une république, il doit rester une république. Vous avez tout pris, donnez-nous un peu de liberté. S’il vous plaît.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Nous avons tous d’une façon ou d’ une autre une histoire d’amour avec notre cher Liban, ce beau pays de 10 452 km2, que personne n’arrive à comprendre. Au bord de la faillite à cause de la corruption, dépouillé par des charognes qui le gouvernent et le rongent vif, le peuple bataille encore chaque jour pour un rêve ou un songe de pays civilisé.Notre vie de nuit, les clubs, restaurants, bars rivalisent avec ceux des plus grandes capitales du monde, nos DJettes et DJ jouent leurs musiques enivrant leurs audiences sur des chansons folles, douces tendres ou câlines.Nos saints, leurs miracles sont reconnus aux quatre coins de la terre, Hardini, Charbel, Rafqa ont leurs ex-voto à chaque tournant dangereux, leurs images trônent dans presque toutes les maisons au Liban et à l’étranger.Nos taboulé, Fattouch,...
commentaires (3)

Que des vérités. Ça fait du bien de savoir qu'il y a des citoyens conscients(es) et consciencieux(ses), et qui tentent encore à créer un électro-choque afin de faire bouger les choses. Je résume avec cette phrase : La vitrine est belle, mais la réalité est triste. Ne désespérons pas ! Merci et bravo Madame.

Sarkis Serge Tateossian

20 h 54, le 18 mars 2019

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Commentaires (3)

  • Que des vérités. Ça fait du bien de savoir qu'il y a des citoyens conscients(es) et consciencieux(ses), et qui tentent encore à créer un électro-choque afin de faire bouger les choses. Je résume avec cette phrase : La vitrine est belle, mais la réalité est triste. Ne désespérons pas ! Merci et bravo Madame.

    Sarkis Serge Tateossian

    20 h 54, le 18 mars 2019

  • D'accord avec tout ou presque! Trop de politesse à la fin de l'article pour réclamer un vrai pays! Le s'il vous plaît est sûrement de trop!!!

    Wlek Sanferlou

    16 h 28, le 16 mars 2019

  • Bravo Dania, beaucoup de sensibilité et de patriotisme. J’espère que vous serez entendue. Continuez et merci.

    Lecteurs OLJ 3 / BLF

    08 h 08, le 16 mars 2019

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