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Liban

Le ministre de l’Industrie porte plainte contre un inspecteur de la CNSS

Corruption
OLJ
15/03/2019

Dans une conjoncture où les protagonistes de tous bords déclarent la guerre contre la corruption, des affaires de pots-de-vin sont ces jours-ci découvertes à une cadence régulière. De nombreuses arrestations ont déjà eu lieu et font l’objet d’un suivi de la part des plus hautes instances judiciaires.

Dernière en date, la plainte présentée hier par le ministre de l’Industrie, Waël Bou Faour, à l’encontre d’un inspecteur de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS), I.A., auprès du procureur général financier Ali Ibrahim. La requête de M. Bou Faour se base sur des plaintes récurrentes qui lui sont parvenues, accusant le fonctionnaire de chantages contre des industriels, à qui il réclamait des sommes d’argent en contrepartie de formalités qu’il effectuait pour eux.

M. Bou Faour a dans le même cadre adressé une note au directeur général de la CNSS, Mohammad Karaki, lui demandant de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre du fonctionnaire suspect.

Prié de donner un exemple concret de ces actes de corruption, un proche de M. Bou Faour a affirmé à L’Orient-Le Jour que « certains fonctionnaires sont parfois enclins à exercer leurs pouvoirs administratifs de manière arbitraire et à détourner ces pouvoirs à des fins illégales ». « Lorsqu’un chef d’entreprise veut déclarer à la CNSS des salaires d’employés inférieurs aux salaires effectifs, le fonctionnaire auquel il s’adresse peut lui demander un pot-de-vin pour valider ses déclarations », indique ce proche, citant également « le cas d’un patron employant de manière irrégulière des étrangers, sur lesquelles un inspecteur de la CNSS ferme les yeux en contrepartie de sommes d’argent ».

« Éviter le sensationnalisme »

En parallèle, le ministre de la Justice, Albert Serhane, a tenu hier une réunion pour s’enquérir de l’évolution des enquêtes liées à diverses affaires judiciaires de corruption. Ont pris part à la réunion le président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), Jean Fahd, le procureur général près la Cour de cassation, Samir Hammoud, le chef de l’Inspection judiciaire, Bourkan Saad, et le commissaire du gouvernement auprès du tribunal militaire, Peter Germanos. M. Hammoud a affirmé à cette occasion avoir reçu le procès-verbal des investigations menées par le service de renseignements des FSI.

Quatre auxiliaires de justice avaient été appréhendés la semaine dernière par ce service pour usages de faux et pots-de-vin. Ils feraient partie d’un réseau d’avocats, médecins, juges et militaires suspects. Le garde du corps de la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, avait été auparavant arrêté le 22 février, accusé d’avoir reçu des pots-de-vin en échange d’actes illégaux.

Le procureur général a indiqué qu’il allait « transférer le dossier à l’Inspection judiciaire et charger un avocat général de cassation de poursuivre l’enquête sur base du contenu de ce procès-verbal ». Quant à M. Saad, il a fait état de dossiers qui sont parvenus au service dont il a la charge, soulignant qu’ils font déjà l’objet d’enquêtes. « Les investigations se poursuivront à la lumière d’autres dossiers qui nous seront transmis », a-t-il ajouté.

De son côté, M. Fahd a indiqué que « le suivi des affaires se déroule de manière intense », assurant qu’il veille à la bonne marche de la justice dans les tribunaux. Le président du CSM a en outre demandé d’« éviter le sensationnalisme et la diffamation afin que la justice puisse remplir sa mission loin des pressions et des tensions ». « Il n’est question de fermer les yeux sur aucune violation », a-t-il enchaîné.

Outre les accusés soumis à l’Inspection judiciaire, deux membres des FSI, dont l’un chargé de lutter contre les trafics de drogue, ont été arrêtés. Mardi, un responsable au sein de la direction du ministère de l’Éducation nationale a également été mis sous les verrous pour avoir livré des diplômes non réguliers.

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