Nos Lecteurs ont la Parole

L’Inflation est passée de mode

par Élie HANNA
OLJ
13/03/2019

L’inflation est une mesure qui désigne une hausse généralisée des prix, d’un panier constitutif de produits et de services de base, consommés par les ménages. L’inflation réduit le pouvoir d’achat de la monnaie.

Le secret de sa longévité est le maintien de la demande en excès par rapport à l’offre.

La présence d’un peu d’inflation rassure les économistes et les banques centrales, car les consommateurs ne sont pas tentés de remettre à plus tard l’acte de consommer, ce qui maintient une masse monétaire en circulation à des niveaux élevés.

La déflation décrit une baisse générale et durable des prix, qui s’auto-alimente et affecte toute l’économie. Si les prix baissent, le consommateur remet à plus tard ses décisions d’achat et la spirale négative pourrait entraîner rapidement des faillites en chaîne, une baisse massive des salaires et par conséquent une incapacité à rembourser les dettes.

Or, la dette des États, des personnes physiques et morales n’a jamais été aussi élevée dans l’histoire de l’humanité. Elle atteint des niveaux bien supérieurs à ceux de 2008 à environ 3,5 fois le PIB mondial.

La peur bleue de la déflation a poussé les banques centrales à injecter massivement de la monnaie dans les rouages de l’économie, pour qu’elle ne se grippe pas. De l’aveu de la quasi-totalité des décideurs, ils ont appliqué une théorie construite et acquise suite à un ancien crash de 1929, pour sortir le monde moderne d’une crise de 2008.

Force est de constater que cette politique monétaire n’a atteint que partiellement ses objectifs pré-établis, puisque l’économie mondiale ne repart ni partout ni durablement.

À mon humble avis, l’inflation a bien vécu et elle serait passée de mode.

Comment peut-on créer de l’inflation dans le domaine numérique par exemple ? Si l’offre fluctue instantanément avec la demande, à la hausse comme à la baisse. En plus, les prix ne pourront que baisser dans ce domaine, puisque le nombre de fournisseurs ne fait qu’augmenter ainsi que la diversité de l’offre.

Comment créer de l’inflation dans le domaine des produits durables, puisque les capacités de productions ne font qu’augmenter, grâce aux transferts incontrôlés des technologies aux différents pays ? De surcroît, les injections monétaires massives des banques centrales ont permis la construction de nouvelles capacités de production partout dans le monde, ce qui tue dans l’œuf tout soubresaut potentiel de l’inflation.

En Occident et au Japon, l’inflation étant quasi inexistante pendant les dix dernières années, les salaires n’ont que légèrement augmenté. C’est là où se trouve le nœud du problème. Il faut absolument augmenter massivement les salaires, afin de permettre la décroissance de la dette des particuliers ; en valeur relative et en valeur absolue. Une hausse des salaires permettrait aussi aux entreprises d’augmenter les prix et de baisser la distribution des dividendes aux actionnaires. Les grands bénéficiaires d’une telle augmentation seraient les États endettés, puisqu’une augmentation massive du PIB réduit mécaniquement les ratios dette/PIB.

Il nous faut une vraie politique du « helicopter money » au bénéfice des ménages et non pas à celui des spéculateurs.

L’utilité de cet indice qu’est l’inflation est de mesurer la tiédeur ou la surchauffe de l’économie. La faible inflation d’aujourd’hui nous fait croire à tort que l’économie est tiède, alors que le niveau d’endettement jamais égalé auparavant nous indique qu’au contraire, l’économie est en état de surchauffe, voire en fusion. L’inflation n’est plus dans les prix, mais dans la palette des produits à disposition qui ne fait que s’élargir.

Les instances monétaires devraient se pencher sur cette dualité, pour moderniser des normes et des mesures qui ne sont plus d’actualité, au lieu de lutter pour donner vie à un phénomène devenu marginal.

Élie HANNA

Genève

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

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