Le Bloc national a estimé hier dans un communiqué que « le réexamen du projet de loi d’amnistie resterait incomplet sans traiter les raisons qui ont conduit les bénéficiaires de l’amnistie à commettre leurs exactions ».
« Les conséquences d’une telle amnistie seront plus graves pour les personnes condamnées dans la mesure où elles sont susceptibles de récidive, avec ce qui en résulterait comme sanctions plus dures à leur égard », poursuit le BN, qui souligne que « l’insistance des » partis-communautés « à faire adopter le projet de loi sous cette forme constitue la preuve de sa dimension politique et clientéliste dans le but de réaliser des gains populaires et circonstanciels ». « Parmi les raisons qui doivent être réglées avec l’adoption d’une amnistie générale au Liban figure la question de la propagation du chômage et la quasi-absence d’offres d’emplois avec la crise économique en cours et l’incapacité des partis-communautés « à établir la confiance nécessaire pour la relance, sinon, comment la personne amnistiée pourra-t-elle assurer ses besoins et ses moyens de subsistance » ? ajoute le communiqué.
Le BN a souligné « la nécessité d’accompagner l’amnistie générale d’une politique punitive globale qui empêcherait la croissance du comportement criminel chez les prisonniers en raison de l’environnement qui les entoure ». « Les prisons doivent être le berceau de cette politique, dont les piliers doivent être la réforme et la réhabilitation », a-t-il noté, estimant que « l’une des premières étapes requises à cet égard réside dans l’administration des prisons par le ministère de la Justice ».
Le BN a enfin mis l’accent sur « l’importance de lier l’adoption de la loi d’amnistie aux réformes requises à ce niveau pour ne pas tomber dans un cercle vicieux absurde et renouveler les tragédies qui ont conduit au crime (…), avec le retour de ceux qui ont été libérés à leurs habitudes criminelles et, éventuellement, en prison ».
Le parti a enfin rappelé qu’il avait appelé, dans son programme, à « ne pas approuver des amnisties générales ou particulières dans les cas de crimes les plus graves ».
Le gouvernement Hariri s’était engagé, dans sa déclaration ministérielle, à adopter une loi d’amnistie générale, réclamée notamment par les familles des détenus islamistes, lesquels souhaitent une loi d’amnistie générale ne souffrant aucune exception, en référence aux dérogations prévues par le projet de loi pour les crimes de terrorisme et ceux qui ont occasionné des victimes civiles et militaires.


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