Rechercher
Rechercher

Liban - Torture

Après les critiques d’Amnesty, le Conseil des ministres obtempère

Le gouvernement nomme enfin les cinq membres du Mécanisme de prévention.

Un Conseil des ministres présidé par Michel Aoun. Photo Dalati-Nohra

Le Conseil des ministres, réuni hier au palais présidentiel de Baabda, s’est déroulé sans heurts, remettant à plus tard, à la demande du Premier ministre Saad Hariri, la seule question qui ne faisait pas l’unanimité, les nominations de quatre nouveaux membres au Conseil militaire. Une source interrogée par L’OLJ estime qu’il « n’y a pas encore eu d’accord sur les noms ».

Normalement, c’est la semaine prochaine que le gouvernement devra plancher sur la nomination des quatre. Selon une source ministérielle, c’est Saad Hariri qui aurait réclamé le report après consultations avec le président Michel Aoun, alors que d’autres sources ont indiqué que le report a été décidé à la suite d’un conflit au sujet de la nomination d’Amine el-Aram au poste de chef d’état-major et du candidat sunnite, Mahmoud Asmar.

Le gouvernement a par ailleurs approuvé 31 points des 33 sur l’ordre du jour, et notamment la nomination du juge Mahmoud Makkiyé comme nouveau secrétaire général du Conseil des ministres, qui succède à Fouad Fleifel, et celle du brigadier-général Élias Bayssari comme directeur par intérim de la Sûreté générale pour une durée d’un an. M. Bayssari, qui occupait déjà ce poste depuis l’été dernier, assumera les fonctions du directeur général en titre de la SG, Abbas Ibrahim, en cas d’absence de ce dernier.

La prévention contre la torture

Une autre décision majeure du gouvernement (même si elle est quasiment passée inaperçue) a été de nommer les membres requis pour former le Mécanisme de prévention contre la torture, mandaté pour superviser la mise en application de la loi contre la torture adoptée en septembre 2017. Cette décision intervient quelques jours après la publication par Amnesty de son rapport annuel dans lequel elle reprochait, entre autres, au gouvernement d’avoir pris du retard dans la nomination des membres requis pour former cet organe.

Interrogé par L’OLJ, Bassam el-Kantar, membre de la Commission nationale des droits de l’homme dont relève ce Mécanisme de prévention contre la torture, précise que cette nomination était obligatoire puisque le Liban est signataire de la Convention contre la torture. « Ce mécanisme national jouira de nombreuses prérogatives et devra soumettre des rapports au Parlement, au Conseil des ministres comme au Comité de prévention contre la torture, des Nations unies (dont la Libanaise Suzanne Jabbour est vice-présidente), explique M. Kantar. Cette sous-commission formée de cinq personnes pourra visiter les prisons et les centres de détention provisoires des différentes forces de l’ordre sans autorisation préalable, et sera habilitée à discuter avec les prisonniers et les détenus de leurs conditions de vie. Une partie des informations qu’elles récolteront sera publiée, et une autre restera secrète car réservée aux autorités concernées, en vue d’une action dans ce domaine. »

Bassam el-Kantar rappelle que la Commission nationale des droits de l’homme a été créée non seulement en vertu de la Convention internationale, mais aussi de la loi n° 62 votée en octobre 2016, ainsi qu’une loi de 2017 pénalisant la torture. Les cinq membres de la sous-commission de prévention contre la torture sont les experts (membres de la commission des Droits de l’homme) Khalil Abou Rjeily, Raymond Medlej, Josiane Skaff, Bilal Sablouh et Rida Azar.


(Lire aussi : Ziad Itani : Je resterai mobilisé jusqu’à l’application de la loi contre la torture)

Journalistes frappés d’interdit

Le ministre Jarrah a en outre commenté l’interdiction désormais faite aux journalistes de s’adresser aux ministres avant et après les réunions du gouvernement tenues sous la houlette du chef de l’État. « La présidence de la République est responsable de l’organisation interne du palais de Baabda, et il faut respecter toutes les décisions qu’elle prend », a-t-il indiqué.

Prenant la parole au début du Conseil, le président de la République, Michel Aoun, a insisté sur l’importance de traiter, lors des prochaines réunions, « les sujets économiques pressants, dont les plus importants sont la gestion de l’électricité et des déchets », a-t-il dit.

De son côté, le ministre de l’Industrie, Waël Bou Faour, a distribué à ses collègues hommes des cravates et aux ministres femmes des mouchoirs, le tout fabriqué au Liban, pour attirer leur attention sur la production locale, pendant que les ministres des Forces libanaises soulevaient la question de la suspension, par la Suisse, de toute livraison d’armes au Liban après la disparition d’un certain nombre d’armes exportées en 2016 vers le pays, en relevant l’impact de cette affaire sur la réputation du Liban. Selon le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, la partie suisse a établi son rapport sur cette affaire. Il n’a pas donné davantage de détails.


Lire aussi

Au Liban, le mécanisme de prévention contre la torture attend toujours

Pour mémoire

Consensus autour d’un retour au calme en Conseil des ministres

Le Conseil des ministres, réuni hier au palais présidentiel de Baabda, s’est déroulé sans heurts, remettant à plus tard, à la demande du Premier ministre Saad Hariri, la seule question qui ne faisait pas l’unanimité, les nominations de quatre nouveaux membres au Conseil militaire. Une source interrogée par L’OLJ estime qu’il « n’y a pas encore eu d’accord sur les noms ». Normalement, c’est la semaine prochaine que le gouvernement devra plancher sur la nomination des quatre. Selon une source ministérielle, c’est Saad Hariri qui aurait réclamé le report après consultations avec le président Michel Aoun, alors que d’autres sources ont indiqué que le report a été décidé à la suite d’un conflit au sujet de la nomination d’Amine el-Aram au poste de chef d’état-major et du candidat...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut