Gebran Bassil : « Nous avons la volonté nécessaire » pour faire parvenir au Parlement une proposition de loi pour lever le secret bancaire sur les comptes de toute personne agissant dans le domaine public. ANI
Le bloc du Liban fort (aouniste) a annoncé hier qu’il allait présenter une proposition de loi pour lever le secret bancaire sur les comptes de toute personne agissant dans le domaine public, « que ce soit le président de la République ou un député ».
« Nous préparons des propositions de loi dans le cadre du combat contre la corruption : une loi levant le secret bancaire, une autre levant l’immunité et une loi sur le recouvrement des sommes subtilisées », a annoncé le chef du bloc, Gebran Bassil, à l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc. « Nous entreprenons un chantier législatif et la première loi que nous proposons est celle levant le secret bancaire. Pourquoi lever le secret bancaire ? Parce qu’il constitue une sorte d’immunité à celui qui a un poste public. »
« La proposition de loi ne concerne pas tous le monde, elle se limite à ceux qui gèrent les affaires publiques du sommet de la pyramide jusqu’à sa base, que ce soit le président de la République ou un député, a souligné M. Bassil. Nous avons prévu un mécanisme précis à suivre pour pouvoir lever le secret bancaire. » « La loi que nous proposons inclut un mécanisme (pour tenir responsable ceux qui commettent des) infractions de blanchiment d’argent », a-t-il ajouté, précisant que cette « loi s’applique aux personnes concernées pendant toute la durée de leur mandat et cinq ans après leur départ ». « Nous avons la volonté nécessaire pour que ce texte soit adopté par le Parlement », a encore affirmé M. Bassil.
Les propos tenus par le chef du CPL interviennent alors qu’une violente controverse oppose le courant du Futur au Hezbollah, au sujet des comptes publics. À ce sujet, le ministre des Finances Ali Hassan Khalil a transmis hier à la Cour des comptes les comptes reconstitués de l’État des années 1993 à 2017 (voir aussi page 5). Cette tension va-t-elle se répercuter sur les débats parlementaires aujourd’hui ? Les prochaines heures le diront. Le Parlement doit élire les 7 membres de la Haute Cour de justice chargée de juger les présidents et les ministres, avant de faire passer quelques lois urgentes.
En tout état de cause, estiment les observateurs, il semble que le président du Conseil cherche, personnellement, à calmer le jeu. Ainsi, affirment ces derniers, il n’a réagi personnellement ni sur la visite à Damas, le 18 février dernier, du ministre chargé du dossier des réfugiés syriens, Saleh Gharib, ni sur la pointe lancée à Fouad Siniora par la OTV la semaine dernière. D’ailleurs, selon une source fiable, le ministre des AE, Gebran Bassil, aurait pris contact avec M. Hariri, pour se démarquer de l’éditorial de la OTV qui avait indisposé le courant du Futur, et avait mené à une escalade verbale entre les organes des deux forces politiques. L’éditorial faisant la distinction entre Fouad Siniora et Saad Hariri, est une initiative du rédacteur en chef du journal télévisé, et ne reflète pas la politique officielle du CPL, a expliqué M. Bassil.
Toutefois, en rendant compte de la réunion de son bloc, M. Bassil a habilement glissé hier que personne ne devrait se mettre « à l’abri de sa communauté », pour éviter d’avoir à rendre des comptes s’il est impliqué dans des affaires de corruption. Une allusion relativement claire à une démarche du mufti Abdellatif Deriane, qui avait annoncé la veille que l’ancien Premier ministre Fouad Siniora est « une ligne rouge ».


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18 h 06, le 06 mars 2019