Repère

Les dates-clés de la présidence Bouteflika

Voici un rappel des dates-clés de la présidence de Abdelaziz Bouteflika, âgé de 82 ans, au pouvoir en Algérie depuis 1999 et candidat à un cinquième mandat.

Une photo datant de novembre 2017 du président algérien Abdelaziz Bouteflika à Alger. AFP/Ryad Kramdi

« Réconciliation »

Le 15 avril 1999, M. Bouteflika, adoubé par l’armée, est élu à la présidence (73,79 %) en pleine guerre civile. Son élection est contestée par ses six adversaires qui s’étaient retirés la veille du scrutin en affirmant que les « jeux étaient faits ».

Le 16 septembre, il obtient un oui massif au référendum sur l’amnistie des islamistes n’ayant pas commis de crimes de sang et de viols et se soumettant à l’autorité de l’État. Après sa réélection en 2004, un nouveau référendum permet l’adoption d’une « Charte pour la paix et la réconciliation », offrant le « pardon » aux islamistes encore dans le maquis en échange de leur reddition. La guerre civile avait commencé début 1992, après la décision des autorités d’annuler les élections législatives à la suite de la large avance au 1er tour fin 1991 du Front islamique du salut (FIS), dissous par la suite. Elle a fait 200 000 morts (officiel). Près de 15 000 islamistes ont déposé les armes depuis 1999.



Attaques islamistes

Le 11 avril 2007, deux attentats quasi simultanés à Alger, dont l’un visant le palais du gouvernement, sont revendiqués par el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien.

Le 6 septembre, le cortège de Bouteflika est la cible d’un attentat-suicide, et le 11 décembre deux attaques visent le siège du Conseil constitutionnel et des agences de l’ONU, également revendiqués par AQMI. En janvier 2013, une prise d’otages spectaculaire sur le site gazier d’In Amenas (1 300 km au sud-est d’Alger) est menée par un commando islamiste. Elle prend fin après un assaut des forces spéciales : 40 salariés et 29 assaillants tués.

Mandats illimités

En 2008, le Parlement adopte une révision de la Constitution supprimant la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels. M. Bouteflika est élu (90,24 %) pour un 3e mandat en 2009. En janvier 2011, des émeutes contre le coût de la vie font cinq morts et plus de 800 blessés, dans le sillage de la révolte populaire en Tunisie voisine. M. Bouteflika annonce des réformes, jugées insuffisantes par l’opposition. En 2012 puis 2017, l’alliance soutenant M. Bouteflika, formée du Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique) et du Rassemblement pour la démocratie (RND), conserve la majorité absolue au Parlement.


Santé défaillante et 4e mandat

En avril-juillet 2013, un accident vasculaire cérébral (AVC) le laisse affaibli et souffrant d’importantes séquelles. En septembre, il marque pourtant son autorité avec un important remaniement ministériel et réduit l’influence des services secrets. En 2014, il est réélu (81,49 %) pour un 4e mandat. Il prête serment en fauteuil roulant et sera de nouveau hospitalisé à plusieurs reprises en Europe.


Limogeages avant la présidentielle

Le 30 janvier 2016, la présidence s’affirme comme centre du pouvoir avec la dissolution du DRS (Département du renseignement et de la sécurité), considéré comme un « État dans l’État » et dont le patron, le puissant général Mohammad Mediene, dit « Toufik », avait été limogé en septembre.

Le 15 août 2017, le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune est limogé, trois mois après sa nomination, sur fond de sourdes luttes de clans à la tête de l’État. Il est remplacé par Ahmad Ouyahia, chef de cabinet du chef de l’Útat. Début novembre 2018, plusieurs journaux font état de la mise en liberté de cinq généraux, en détention préventive depuis mi-octobre dans le cadre d’une enquête sur de présumées malversations. Ils avaient été mis à la retraite durant l’été dans le cadre d’une vague de limogeages dans la haute hiérarchie militaire.


Manifestations contre un 5e mandat

Le 10 février 2019, Abdelaziz Bouteflika annonce qu’il briguera un cinquième mandat lors de la présidentielle du 18 avril.

Le 22, des dizaines de milliers de personnes, répondant à des appels lancés par des anonymes sur les réseaux sociaux, manifestent contre ce 5e mandat, notamment dans la capitale, où les manifestations sont pourtant strictement interdites.

Deux jours plus tard, M. Bouteflika quitte l’Algérie pour un « court séjour » en Suisse, où il doit subir des « examens médicaux périodiques ». Le 1er mars, des dizaines de milliers d’Algériens manifestent, en scandant des slogans hostiles au pouvoir. Le 3 mars, il dépose officiellement sa candidature à un cinquième mandat.


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