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Nos lecteurs ont la parole - Nicolas Sbeih

Corruption 101

Ils ne sont pas possibles ces gens vindicatifs de Transparency International. Tous les ans, à la même époque, ils nous rappellent qu’on est des cancres en matière de corruption, avec une note de 28 sur 100, même pas éligibles pour un rachat, et un classement mondial de 138e. Deux ou trois autres organismes disent en gros la même chose. Sorte d’acharnement mondial concerté. Ils ne veulent pas voir les progrès qu’on réalise depuis au moins deux ans. Des preuves ?

D’abord, tous les politiques sans exception, surtout les plus corrompus, débitent maintenant à tue-tête qu’ils sont contre. C’est pas rien ça. Et appellent à extirper cette pratique, sous-entendu qu’eux au moins en sont innocents. Évidemment, quelqu’un de malintentionné pourrait y voir le contraire, en argumentant qu’une femme vertueuse ne passe pas son temps à crier sur les toits « je suis vertueuse ».

Autre preuve, on a nommé à des postes-clés des personnes qui luttent « efficacement » contre ce fléau : à l’Inspection centrale, aux douanes, au ministère des Finances, etc. De jeunes cadres dynamiques qui n’arrêtent pas d’étaler leurs exploits… que, phénomène bizarre, personne ne remarque vraiment. Certes, quelques fonctionnaires ont été grondés pour avoir touché des bakchichs, « c’est vilain ce que tu fais ». D’autres, accusés de faits plus graves, ont même vu leur avancement retardé de plusieurs mois. Pour leur retraite, ils devront se contenter de ces menus millions qu’ils ont dû amasser. Il y a même eu le cas de ce juge contraint de démissionner il y a quelques mois, selon les médias, car en termes de gratifications il ne faisait plus dans la dentelle. Évidemment, jamais de hauts placés parmi les admonestés, il ne faut pas exagérer.

Certains responsables prônent l’internet comme moyen efficace pour remédier à cela, argumentant que cela réduit les contacts directs entre les citoyens et les fonctionnaires, une façon de dire « nos employés sont incorrigibles, alors on vous conseille de les éviter le plus possible ».

Aux Douanes, on a bien intercepté quelques lots, mais quand même pas ceux qui prennent « la voie militaire ». Ou qui sont cachés à l’intérieur des zones protégées. Sinon, comment explique-t-on la quantité de marchandises en contrebande sur le marché, ou le manque à gagner dans les taxes ?

Du côté législatif, on ne chôme pas non plus. Plein de lois sont votées ou attendent leur tour pour être décrétées au Parlement. Presque sans objection. Il faut dire qu’on s’en fout un peu car dans tous les cas elles ne vont pas être appliquées. Comme cette loi sur « le droit d’accès à l’information », votée voici deux ans, mais qui fait pouffer de rire tout le monde au sein de l’administration.

D’ailleurs, comme disait un ancien philosophe romain, on a remarqué que plus on est corrompu, plus on a des lois, ou vice versa. C’est absurde peut-être, mais on sait qu’en politique, l’absurdité n’est pas un handicap.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Ils ne sont pas possibles ces gens vindicatifs de Transparency International. Tous les ans, à la même époque, ils nous rappellent qu’on est des cancres en matière de corruption, avec une note de 28 sur 100, même pas éligibles pour un rachat, et un classement mondial de 138e. Deux ou trois autres organismes disent en gros la même chose. Sorte d’acharnement mondial concerté. Ils ne veulent pas voir les progrès qu’on réalise depuis au moins deux ans. Des preuves ? D’abord, tous les politiques sans exception, surtout les plus corrompus, débitent maintenant à tue-tête qu’ils sont contre. C’est pas rien ça. Et appellent à extirper cette pratique, sous-entendu qu’eux au moins en sont innocents. Évidemment, quelqu’un de malintentionné pourrait y voir le contraire, en argumentant qu’une femme vertueuse ne passe...
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