Le leader druze libanais Walid Joumblatt. Photo Ani
Le leader druze libanais Walid Joumblatt a déclaré mercredi qu'il comprenait les "inquiétudes" du chef de l'Etat, Michel Aoun, sur le dossier des réfugiés syriens, au moment où plus d'un million d'entre eux se trouvent au Liban, mais estimé que cette question ne pouvait faire l'objet de "surenchères politiques".
"Le dossier des réfugiés syriens ne peut être traité dans la surenchère politique. Nous organiserons un séminaire regroupant des spécialistes du dossier afin d'échanger des points de vue objectifs et de produire des recommandations prêtes à être mises en œuvre", a déclaré M. Joumblatt sur son compte Twitter.
"Nous comprenons les inquiétudes du président Aoun mais les propos de certains de ses proches sont inexacts. Les Chypriotes grecs n'ont toujours pas récupéré leurs biens dont la Turquie avait pris possession", a-t-il ajouté. Lors d'une conférence organisée par l'association Caritas plus tôt dans la journée, M. Aoun avait appelé à dissocier le retour des réfugiés syriens d'un règlement politique au conflit qui ravage la Syrie depuis 2011, prenant pour exemple la crise chypriote de 1974 entre les Chypriotes grecs et la Turquie qui a divisé l'île. Le chef de l'Etat a déclaré que les personnes déplacées lors de cette crise ont retrouvé leurs biens, même si aucune solution politique n'a encore été trouvée.
Le Liban accueille, selon les chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, un peu plus de 970.000 réfugiés syriens, officiellement inscrits sur les registres de l'ONU. Le retour de ces réfugiés est prôné par certains dirigeants libanais, notamment le chef de l’État Michel Aoun et le chef de la diplomatie Gebran Bassil, qui estiment que le régime ayant repris la majorité du territoire aux rebelles et aux jihadistes, la situation est désormais "sûre" en Syrie. D'autres responsables adoptent le point de vue de la communauté internationale et appellent à un règlement politique du conflit syrien avant d'assurer le retour des réfugiés.


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