Le président libanais (c), assistant à une conférence organisée par Caritas, le 27 février 2019. Photo Twitter/@LBpresidency
Le patriarche maronite Béchara Raï a appelé mercredi à dissocier le retour des réfugiés syriens d'un règlement politique au conflit qui ravage la Syrie depuis 2011, au moment où plus d'un million d'entre eux se trouvent au Liban.
"La communauté internationale doit séparer la question du retour des déplacés syriens de celle d'une solution politique en Syrie", a dit le chef de l'Eglise maronite, lors d'une conférence organisée par l'association Caritas, sous le parrainage du président de la République, Michel Aoun.
"Il est urgent que les déplacés rentrent chez eux afin de profiter de leurs droits civiques là-bas, et c'est un devoir de protéger le Liban contre les dangers d'une telle présence qui pousse à bout" le pays, a ajouté le prélat maronite.
Le Liban accueille, selon les chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, un peu plus de 970.000 réfugiés syriens, officiellement inscrits sur les registres de l'ONU. Le retour de ces réfugiés est prôné par certains dirigeants libanais, notamment le chef de l’État Michel Aoun et le chef de la diplomatie Gebran Bassil, qui estiment que le régime ayant repris la majorité du territoire aux rebelles et aux jihadistes, la situation est désormais "sûre" en Syrie. D'autres responsables adoptent le point de vue de la communauté internationale et appellent à un règlement politique du conflit syrien avant d'assurer le retour des réfugiés.
Pour sa part, le chef de l'Etat a estimé que "les événements des dernières années ont, sans aucun doute, pour objectif de transformer nos sociétés orientales en sociétés racistes et uniformes qui se battent les unes les autres". "L'hémorragie humaine au Moyen-Orient, les déplacements forcés de certaines de ses composantes, (...) et les pressions répétées pour une implantation des réfugiés palestiniens dans les pays qui les accueillent pavent la voie pour un nouveau Levant, loin de son identité rassembleuse et de sa diversité religieuse, sociétale et culturelle", a dénoncé le président Aoun.
"Le Liban est plus qu'une nation, c'est un message", a ajouté le président Aoun, citant le pape Jean-Paul II, en vantant la pluralité de la société du pays du Cèdre.


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