Richard Kouyoumjian s’adressant aux parents des enfants à besoins spécifiques. Photo Michel Sayegh
Ils étaient nombreux hier à observer un sit-in devant les locaux du ministère des Affaires sociales à Badaro, alors que leurs enfants à besoins spécifiques se sont retrouvés privés d’une prise en charge adéquate après que la fondation al-Kafaàt a fermé un de ses centres, à la fin de l’année dernière, faute de fonds.
À l’instar de nombreuses associations privées qui s’occupent d’enfants à besoins spécifiques, la fondation al-Kafaàt a établi un accord avec le ministère des Affaires sociales, conformément auquel celui-ci couvre une partie des frais de cette prise en charge. Mais depuis quinze mois, ces associations n’ont pas reçu un seul centime du ministère, dont le budget consacré à ces associations n’a pas été débloqué par le ministère des Finances.
Excédés, les parents de ces élèves se sont dirigés hier au ministère des Affaires sociales protestant contre la négligence du dossier et appelant le ministère à trouver une alternative.
Le ministre des Affaires sociales, Richard Kouyoumjian, a rencontré les parents, expliquant que son ministère œuvre à répartir ces élèves sur plusieurs associations qui s’occupent de tels cas. Il a noté que « probablement, le budget de ces associations sera majoré pour qu’elles puissent accueillir ce enfants ». Il a assuré qu’il exposera le problème en Conseil des ministres, invitant les parents à une rencontre plus longue dans ses bureaux, d’autant que le problème nécessite du temps pour qu’il soit résolu.
Réunion de l’Union des handicapés
Par ailleurs, l’Union des handicapés du Liban a organisé hier la réunion de clôture du projet visant l’amélioration des capacités de la société civile et des associations des personnes handicapées en vue d’un enseignement inclusif. Une feuille de route a été établie en vue d’une inclusion totale de ces personnes. Et pour cause, puisque l’accès à l’enseignement est l’un des principaux défis qu’affrontent les handicapés pour développer leurs capacités intellectuelles et productives.
Selon les chiffres de l’Union, près de 38 % des personnes handicapées sont analphabètes. Seules 3 % d’entre elles ont poursuivi des études universitaires.
Selon un rapport publié par Human Rights Watch en 2018, le nombre des enfants handicapés en âge scolaire (10 à 14 ans) frôle les 45 000, alors que le ministère des Affaires sociales ne couvre que les frais d’enseignement de 10 000 d’entre eux. Citant une étude, l’Union a expliqué que 0,8 % du budget du ministère de l’Enseignement est nécessaire pour équiper les écoles de manière à accueillir les personnes handicapées.


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