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La « Dopamine » de Vladimir Kurumilian, de la sérotonine à effet garanti

Musique

Discrètement, le jeune musicien promeut son opus de 7 titres et 33 minutes, disponible uniquement en numérique. Il multiplie les concerts dans des salles à Beyrouth et suit sa voie, personnelle et à contre-courant.

16/02/2019

Le lundi 4 février, Vladimir Kurumilian livrait une version acoustique de son premier album, Dopamine, à Salon Beyrouth, Hamra. Endroit chic et intime pour une œuvre qui l’est tout autant, c’est aussi la preuve que l’artiste ne fait pas comme les autres. Aussi discret que déterminé, ce grand timide aime les chemins de traverse et soutient sa promotion à son rythme, en accord avec sa personnalité. S’il l’avait voulu, il aurait pu participer à la mi-temps du Superbowl, mais contrairement à Maroon 5, qui serait, paraît-il, du Kesrouan, il préfère les endroits en contact direct avec son audience. Parce que ses chansons ne sont pas des hymnes de stade, même si elles pourraient un jour atteindre le stade d’hymnes. À l’amour. L’amour de la musique et l’amour qu’il ressentait pour son partenaire de longue date. N’arrivant à exprimer ses sentiments par les mots, il a choisi la musique comme moyen d’extériorisation.

Né en août 1988 à Beyrouth d’un père arménien et d’une mère libanaise, son prénom russe n’a aucune explication particulière à part de plaire aux deux parents et de lui donner une personnalité unique dès sa naissance. Se sentant plus proche de ses homonymes musiciens Horowitz et Cosma que des dirigeants russes Lénine et Poutine, il intègre le Conservatoire national libanais de musique, section piano, à 5 ans, et y restera 15 ans, notamment sous le regard bienveillant et formateur de Michael Achadjian. Il se sent obligé d’arrêter lorsqu’il intègre l’ALBA en architecture, mais continue sa formation en écoutant ses musiciens préférés, Beethoven, Liszt, ou évidemment Rachmaninov, et en élargissant ses influences aux pianistes contemporains comme Nils Framm, découvrant même le piano minimal avec Olafur Arnalds et Aziza Mustafa Zadeh, pianiste jazz originaire d’Azerbaïdjan.


« Betwannes bik »

Profitant du foisonnement culturel des années 2000 à Beyrouth, il fait un concert solo en 2009 au théatre Monnot, pour Quand le rythme devient obsessionnel. Une heure et vingt minutes d’improvisation sur des vidéos de Hicham Awad, devant une salle pleine, dont Serge Yared, personnage atypique, mais central, de la scène musicale. Cette encyclopédie vivante de la musique l’introduit à la scène rock, notamment les Incompetents et Adonis, pour une participation à leur deuxième album, Men shou bteshki Beirut. Il se joint aussi à Lilian Chlela pour des impros de rue à Hamra. Toujours pas motivé par le superbowl, en 2012, avec l’aide de Alaa Minawi, il transforme le théâtre Monnot en énorme nuage et y joue A Piano in my Pillow pour un dialogue musique/image sur deux soirées. 2012 est aussi l’année qui le voit donner la priorité à sa carrière d’architecte et mettre de côté sa passion pour le piano. Travaillant pour des cabinets puis se lançant dans l’aventure de l’indépendance, il participera en 2016 à la pépinière Starch de Rabih Keyrouz pour laquelle il refera l’architecture intérieure de la boutique de Saïfi.

Sa maîtrise de l’improvisation est réservée aux quatre murs de son appartement, mais petit à petit, le plaisir de s’exprimer en public refait surface et c’est à Paris en mai 2017 qu’il réapparaît, pour une heure d’improvisations sur le Betwannes bik de Warda. Suivra une tournée qui le mènera à Rome, où il rencontrera Lula Longobardi, pianiste minimale et productrice. C’est elle qui le poussera à enregistrer et à démarrer son projet Dopamine en 2018. Inspiré par ses lettres d’amour pour son partenaire, il ouvre un dialogue avec ce dernier qui écrit aussi des textes sur lesquels Kurumilian, Vlad pour les intimes, compose et répond. Ovni artistique, déclaration d’amour, Dopamine est à la fois un remède au vulgaire et une vitamine aux relations humaines. Déjà disponible sur Anghami, la prescription est de 7 titres tout de suite.

Pour mémoire

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Marionet

J'ai posté un commentaire ce matin pour savoir si le père de ce magnifique artiste venait d'Arménie. Mon commentaire n'est pas passé mais après une courte "enquête", je peux dire que les 2 parents sont bel et bien Libanais.

Sarkis Serge Tateossian

Bel article et magnifique artiste plein de talents appuyés sur une formation solide. À découvrir à tout prix.

Que l'orient-le-jour me pardonne de rappeler que l'artiste n'est pas fils d'un arménien marié à une libanaise, mais plutôt fils de parents libanais de confession arménienne et ...(maronite, greques, orthodoxe, druze...ou que sais-je).

Souvent on se trompe dans nos formulations, en plus la juste locution est plus proche de la réalité de notre identité libanaise "à nous tous". Toutes confessions confondues.
Merci....

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