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Liban

L’Occident accorde un sursis de six mois au Liban

Éclairage
13/02/2019

À l’ouverture du débat de confiance, hier, place de l’Étoile, les appels à des réformes et à la lutte contre la corruption se sont multipliés, faisant écho au discours du Premier ministre, Saad Hariri, qui a assuré que son équipe, à laquelle il a donné l’appellation « Au travail », a l’intention de se présenter chaque mois devant le Parlement, pour un débat de politique générale, au cours duquel elle aura à rendre compte de ses actions.

Saad Hariri s’est montré tout aussi catégorique au sujet du chantier de réformes qu’il a dit vouloir lancer, allant jusqu’à annoncer qu’il n’hésitera pas à confronter quiconque essaiera d’entraver les processus de réforme, d’édification de l’État et de redressement économique. « Il aura affaire à moi », a-t-il martelé.

Les promesses de M. Hariri sont autant de signes rassurants adressés à la communauté internationale et plus particulièrement aux bailleurs de fonds qui s’étaient engagés au cours des trois conférences internationales consacrées en 2018 au Liban, Rome, CEDRE et Bruxelles, à venir en aide au pays pour l’assister dans ses efforts visant à consolider son armée et ses forces de sécurité, à redresser son économie et à régler le dossier des réfugiés syriens.

De sources diplomatiques occidentales, on souligne dans ce contexte que le Liban est aujourd’hui sous surveillance étroite de la communauté internationale qui, maintenant que le gouvernement est formé, attend du pays du Cèdre qu’il se conforme aux conditions qu’elle avait posées à la faveur des trois conférences internationales, pour montrer qu’il mérite d’obtenir l’assistance qu’il sollicite. Il s’agit plus particulièrement de l’application, dans les actes et non pas dans les paroles, de la politique de distanciation par rapport aux crises régionales et des réformes pour lesquelles un grand chapitre a été consacré dans la déclaration ministérielle.

Selon des sources ministérielles, les premières mesures de réforme devraient se matérialiser dans le cadre du projet de budget 2019 à travers lequel le gouvernement souhaite montrer à quel point il est sérieux dans sa volonté d’engager des réformes, de réduire ses dépenses et de revoir la facture d’une administration pléthorique grossie d’une armée de partisans de figures politiques, à la veille des élections législatives de mai 2018.

Le Liban ne peut pas se payer le luxe de ne pas être sérieux dans cette entreprise. La communauté internationale lui a accordé un sursis de six mois, confie-t-on de mêmes sources diplomatiques occidentales. Si le gouvernement montre entre-temps que les réformes qu’il promet dans tous les secteurs sont sérieuses et viables, s’il donne à la justice la latitude nécessaire pour plancher sur les dossiers de corruption et s’il applique le principe du contrôle et de la reddition de comptes, il bénéficiera d’un appui sans précédent des pays qui ont promis de le soutenir. Dans le cas contraire, ajoute-t-on de mêmes sources, il sera abandonné et livré à lui-même, parce qu’il sera considéré par la communauté internationale comme étant inapte à être réformé.

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