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Liban

Geagea : Avec les FL, le président détient le tiers de blocage pour les questions de souveraineté

Le leader des FL exprime son soutien au chef du PSP, Walid Joumblatt, face à la tentative de son « encerclement » par le régime Assad.

OLJ
12/02/2019

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé dimanche soir que le leader du Courant patriotique libre et ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, avait un « œil sur tout », une semaine après que le leader druze Walid Joumblatt eut reproché au chef du CPL de s’être substitué au Premier ministre Saad Hariri dans la formation du nouveau gouvernement.

S’exprimant lors d’une émission politique sur la chaîne locale al-Jadeed, M. Geagea a passé en revue la situation politique au Liban qui a entouré l’opération de la formation du gouvernement, évoquant les dossiers sensibles sur lesquels l’exécutif est appelé à plancher ainsi que les relations avec la Syrie et le dossier des réfugiés.

« Le ministre Gebran Bassil exerce un droit de regard non seulement sur les ministres FL, mais sur tous les ministres et députés, jusqu’au dernier fonctionnaire », a déclaré M. Geagea. « Ne croyez pas que je dis qu’il est avide de pouvoir, mais il est ambitieux », a-t-il nuancé.

Sur la question du tiers de blocage que souhaiterait détenir le chef de l’État, M. Geagea a indiqué qu’il peut facilement être acquis, avec les voix des ministres FL (9 + 4), dès lors qu’il s’agit de se prononcer sur des questions concernant la « souveraineté » ou les « équilibres dans le pays ».

Le chef des FL s’est dit par ailleurs « confiant » pour ce qui est des accords de Taëf, soulignant toutefois que ce qui pourrait menacer ces accords est le fait de « priver l’État de son pouvoir de décision en matière stratégique ».

Commentant la proposition du secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah consistant à fournir à l’armée libanaise des armes en provenance d’Iran, M. Geagea a affirmé que cette question doit être envisagée « scientifiquement et la tête froide ». « L’Iran est en guerre avec les États-Unis et l’Arabie saoudite. Le volume des exportations libanaises vers l’Iran par rapport à ses exportations vers les États-Unis et l’Arabie saoudite est insignifiant. »

Sur la question des importations de médicaments iraniens, il a estimé que le Liban est ouvert à cette possibilité, à condition toutefois que le processus prenne les voies légales. Il a tenu à souligner à ce propos que l’industrie pharmaceutique libanaise est « des plus performantes » mais qu’elle était à la recherche de marchés extérieurs.

« Si Hassan Nasrallah veut véritablement faire profiter le Liban, il devrait œuvrer à ouvrir le marché iranien devant les produits libanais et non le contraire », a-t-il dit.

Sur la question de la réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe, il a estimé qu’ « il n’existe plus d’État en Syrie » et que les principaux décideurs de l’avenir de ce pays sont aujourd’hui la Russie, la Turquie, l’Iran et les États-Unis. Selon lui, tout ce qui se dit autour du retour des réfugiés est du pur « bluff » destiné à injecter une dose de légitimité au régime de Bachar el-Assad.

Sur le plan interne, M. Geagea a indiqué que le principe de l’opposition au sein du gouvernement est « impossible », se prononçant en faveur d’un gouvernement de majorité.

« Certains préfèrent toutefois la formule d’un gouvernement d’union nationale. Or, ce qui est encore bien plus important que la cohésion au sein du cabinet, c’est la question de l’édification de l’État », a indiqué M. Geagea. Et de faire remarquer que la création d’une opposition sérieuse au Liban risque de « mener le pays à la guerre civile », rappelant au passage la série noire des assassinats qui se sont produits entre 2005 et 2009. « En rejoignant l’exécutif, nous ne pouvons aspirer qu’à des réalisations partielles », a-t-il dit.

Il a par ailleurs exprimé son soutien politique au chef du PSP, Walid Joumblatt, face à la tentative de son « encerclement » par le régime d’Assad.

Le leader des FL a également abordé la tragédie de Georges Zreik, qui s’est immolé vendredi par le feu dans la cour de l’école de sa fille, après le refus de l’établissement privé de lui délivrer une attestation de scolarité en raison d’impayés, estimant que c’est la situation économique du pays qui a conduit ce père de famille à ce geste et que c’est plutôt l’État et non l’école qui doit en assumer la responsabilité.

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AIGLEPERçANT

En principe, dans une relation commerciale entre 2 pays, on essaye au maximum d'atteindre la réciprocité et l'équilibre économique.

C'est valable pour tous les pays du monde.

Comment cela pourrait être différente avec l'Iran et le Liban ?

Toutefois geagix me surprend avec cette position " moderee" suil affiche, il doit sentir que Bassil a pris une petite avance sur les futures présidentielles.

Ça doit le calmer un peu.

Bery tus

Si Hassan Nasrallah veut véritablement faire profiter le Liban, il devrait œuvrer à ouvrir le marché iranien devant les produits libanais et non le contraire »,

Parfaitement ya Hakim !!!

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