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Childish Gambino et Kacey Musgraves grands gagnants

Musique / Grammy Awards
OLJ
12/02/2019

This is America : les Grammy Awards ont fait dimanche soir (hier à l’aube à Beyrouth) la part belle à l’Amérique dans deux genres très différents, en célébrant le rap provocateur de Childish Gambino, d’un côté, mais en décernant, de l’autre, le titre d’album de l’année à la chanteuse country Kacey Musgraves.

Même si les stars du rap Kendrick Lamar et Drake, en tête en nombre de nominations, sont reparties sans récompense majeure, l’industrie du disque américaine a tout de même mis cette année à l’honneur les artistes féminines ou issus de minorités ethniques. Elle avait fréquemment été accusée par le passé de négliger la diversité dans ses choix, et a mis en place une « task force » pour y remédier depuis l’an dernier. Symbole de cette ouverture, l’ex-Première dame Michelle Obama a fait une apparition surprise sur scène, aux côtés de Jennifer Lopez, Alicia Keys, Lady Gaga et Jada Pinkett Smith, vantant le rôle de la musique pour promouvoir cette diversité, dans une intervention résolument féministe. Diversité aussi pour le spectaculaire show d’ouverture bilingue anglais-espagnol, lancé à grand renfort de paillettes et de déhanchés par Camila Cabello et le rappeur Young Thug, bientôt rejoints par un très « caliente » et moustachu Ricky Martin.

Childish Gambino a raflé la mise à Los Angeles : enregistrement de l’année et chanson de l’année pour son hymne politiquement incorrect This is America. Hybride de gospel et de rap, truffé de pamphlets contre les excès qui secouent la société américaine, il a balayé les favoris Drake ou Lady Gaga. C’est la première fois dans l’histoire des Grammy Awards que ces deux prestigieuses récompenses sont accordées à un morceau de rap. L’artiste militant avait toutefois boycotté la cérémonie et n’a pas réagi à ses récompenses. « Il était temps que quelque chose comme ça se passe aux Grammys », a déclaré le compositeur suédois Ludwig Goransson, qui a coécrit le morceau avec Childish Gambino. Le clip accompagnant le tube a lui aussi été primé. Dans cette vidéo provocatrice, Childish Gambino dénonce le règne des armes à feu et du racisme dans le pays. Il a aussi eu la récompense de la meilleure performance rap/chant.

Kacey Musgraves est l’autre grande gagnante d’une soirée qui rappelle que les Grammy Awards restent une cérémonie fondamentalement américaine, même si elle voit défiler des stars d’envergure internationale. La jeune femme a obtenu quatre prix au total, dont celui très convoité d’album de l’année pour Golden Hour. La frêle musicienne a devancé Cardi B, Janelle Monae et Brandi Carlile, lors d’une édition des Grammys où les femmes avaient fait un retour en force après avoir été curieusement snobées l’an dernier, en plein mouvement #MeToo.

La diva pop Lady Gaga n’a pas décroché de prix dans une catégorie majeure, mais est repartie tout de même avec trois statuettes, dont deux pour Shallow, la ballade romantique enregistrée avec Bradley Cooper pour le film A Star is Born, où elle joue également. Autre déçue de la soirée, la rappeuse gouailleuse Cardi B qui a dû se contenter du Grammy du meilleur album rap. Elle a tout de même la fierté d’être la première femme de l’histoire à s’imposer en solo dans cette catégorie. Kendrick Lamar a échoué pour la quatrième fois dans la catégorie de l’album de l’année avec la bande originale du film Black Panther. Il est reparti avec le prix de la meilleure performance rap, alors que Drake s’est vu décerner le prix de la meilleure chanson rap de l’année grâce à son tube planétaire God’s Plan. Dans la catégorie révélation de l’année, où six candidats sur huit étaient des femmes, c’est la Britannique Dua Lipa (23 ans) qui l’a emporté avec sa pop-électro sensuelle. Au total, pas moins de 84 récompenses ont été décernées.

Alicia Keys, qui animait la soirée de gala, a tenu parole quand elle avait promis cette année des performances « de malade » avec des shows de Lady Gaga, Cardi B et elle-même, sur deux pianos à la fois. La soirée a aussi été marquée par des numéros d’icônes de la musique américaine comme Dolly Parton (country) et Diana Ross, montée sur scène avec son petit-fils pour célébrer son 75e anniversaire.

Source : AFP

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