Un homme gare sa moto devant une fresque murale dans une rue de Téhéran, le 21 juillet 2026. Photo ATTA KENARE / AFP
Les Etats-unis ont de nouveau bombardé l'Iran, où une alerte aérienne a été déclenchée mercredi à Téhéran, après que Donald Trump a averti qu'il n'en avait « pas fini » avec la guerre, dont le coût s'envole pour Washington.
Pour la onzième nuit consécutive, l'armée américaine a lancé une campagne de frappes contre des cibles militaires de la République islamique, pour « continuer à affaiblir » sa capacité « à menacer le trafic maritime commercial dans le détroit d'Ormuz » - une voie stratégique verrouillée par Téhéran, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
Peu avant le début de ces frappes, à 23H00 GMT mardi, le président américain Donald Trump avait menacé d'attaquer « très bientôt » un complexe nucléaire souterrain secret dans la montagne Kolang, dans le centre de l'Iran, affirmant que « nous n'en avons pas fini du tout » avec la guerre.
Les tensions autour du détroit d'Ormuz - un passage crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures et de gaz - avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit. Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.
37,5 milliards de dollars
Et son coût pour les Etats-Unis s'envole: il a été estimé mardi à 37,5 milliards de dollars par le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, soit une hausse de près de 30% par rapport à la dernière estimation de 29 milliards de dollars.
Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone, devant le Sénat.
En Iran, peu après l'annonce des frappes américaines, la défense antiaérienne a été activée très tôt mercredi dans plusieurs zones de la capitale, Téhéran, selon la télévision d'Etat.
« Des activités de défense antiaérienne ont été entendues dans l'ouest, l'est et le nord-est de Téhéran », a-t-elle indiqué. Des explosions ont aussi été rapportées par l'agence iranienne Irna à Bouchehr (sud-ouest), où se trouve la seule centrale nucléaire civile en fonctionnement d'Iran, ainsi que des frappes dans le sud et le nord-ouest du pays.
Le commandement des forces armées iraniennes, Khatam al-Anbiya, avait déclaré mardi que l'Iran frapperait tous les intérêts américains et ceux de leurs alliés au Proche-Orient si Donald Trump mettait à exécution sa menace d'attaquer un complexe nucléaire souterrain secret.
Téhéran riposte déjà aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis et continue de verrouiller le détroit d'Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires.
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio a souligné mercredi qu'autoriser l'Iran à contrôler le détroit d'Ormuz créerait un « dangereux précédent » avec des conséquences au-delà même du Moyen-Orient.
L'armée du Koweït a dit dans la nuit de mardi à mercredi qu'elle interceptait des « drones hostiles ».
La Jordanie et Bahreïn ont aussi annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens ces dernières 24 heures.
Rebond du pétrole
« L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes », ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.
Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.
Les alliés yéménites de l'Iran, les rebelles houthis, menacent pour leur part d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.
Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.
Les Américains « s'occuperont » des Houthis s'ils mettent en œuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.
Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.
Conséquence de ces tensions: le prix du baril de Brent, référence internationale, a dépassé mercredi 92 dollars à l'ouverture des bourses asiatiques, un sommet depuis le 11 juin.

