Génération Orient / Saison 3

Génération Orient, saison 3 : Shaden Fakih, Tania el-Khoury et Ghaleb Hawila sur le podium

Prix L’OLJ-SGBL

Grande fiesta hier soir au musée Sursock où « L’OLJ » et la SGBL ont célébré les 12 artistes de Génération Orient saison 3 et ont remis les prix aux 3 gagnants.

08/02/2019

La famille Génération Orient – cette initiative de L’Orient-Le Jour, en partenariat avec la SGBL, visant à soutenir des artistes jeunes en leur offrant la visibilité et l’encouragement à travers nos différentes plateformes, papiers ou sur le web et les réseaux sociaux avec des vidéos réalisées par Karl Hadifé et Anne Ilcinkas – dresse des ponts et abat des murs. Ces murs dont notre époque semble si friande, malheureusement. Née en mai 2016, cette famille incubatrice de talents compte aujourd’hui trente artistes âgés entre 18 et 35 ans, de différentes disciplines (peinture, sculpture, arts visuels, art conceptuel, cinéma, théâtre, littérature, danse, mode, design, architecture, musique, cuisine, art du tatouage, photographie, comédie, calligraphie, etc.). Trente soldats qui viennent de divers backgrounds, mais qui possèdent tous en commun cette rage de s’exprimer avec l’art, « formant une sublime tour de Babel », comme l’a si bien souligné hier soir Ziyad Makhoul, rédacteur en chef à L’Orient-Le Jour, avant d’annoncer les noms des trois gagnants de cette année lors d’une cérémonie qui s’est tenue au musée Sursock.

Les talents de la saisons 3 – à savoir Roy Dib, réalisateur et artiste conceptuel, 35 ans ; Tania el-Khoury, artiste visuelle, 35 ans ; Ghaleb Hawila, calligraphe, 25 ans ; Rym Beydoun, créatrice de mode, 28 ans ; Chady Aoun, cinéaste d’animation, 34 ans ; Raphaëlle Macaron, bédéiste, 28 ans ; Ribal Molaeb, altiste, 25 ans ; Charbel Garibeh et Stéphanie Sayar, designers, 31 ans ; Charbel Saadé, photographe, 27 ans ; Shaden Fakih, comédienne, 26 ans ; Sabyl Ghoussoub, écrivain, 30 ans, et Marie Abou Khaled, musicienne, 23 ans – ont brillé sous les projecteurs durant toute l’année 2018. Comme à la fin de chaque saison, le prix L’OLJ-SGBL est décerné à trois artistes, attribué à 50 % par les votes du public et à 50 % par un jury d’experts. L’objectif n’étant pas de comparer les disciplines entre elles, mais plutôt de distinguer celle ou celui qui a provoqué l’émotion, laquelle ou lequel a innové dans son domaine, laquelle ou lequel fait parvenir son message avec intelligence et sensibilité… Telle était la mission du jury qui a relevé, dans son top 3 et dans l’ordre, l’engagement en faveur du travail de mémoire au Liban de Tania el-Khoury ; l’audace et l’humour cinglant de Shaden Fakih et la voix d’ange de la musicienne et chanteuse Marie Abou Khaled. Quant au public, il a privilégié, dans l’ordre, Ghaleb Hawila, les designers Sayar & Garibeh, et Shaden Fakih.



Résultat des courses ? C’est la comédienne Shaden Fakih (26 ans), alias Esperanza, une activiste du rire, qui a remporté le 1er prix de 5 000 dollars, et c’est Joe Kodeih qui le lui a remis. L’artiste visuelle Tania el-Khoury (35 ans) le 2e prix de 2 000 dollars, mais étant en résidence aux États-Unis, c’est Sahar Mandour qui a reçu le trophée des mains de Zeina Arida. Le calligraphe Ghaleb Hawila (25 ans), 3e prix de 1 000 dollars, a reçu le trophée des mains de Nadine Begdache. Ils succèdent à la peintre Hala Ezzedine, au chorégraphe et danseur Ali Chahrour et au designer Marc Dibeh (saison 1), ainsi qu’aux architectes Ghaith Abi Ghanem et Jad Melki, au danseur Charlie Prince et au storyteller Salim Azzam (saison 2).

Des artistes "qui ont réussi à insuffler un souffle d'optimisme et de renouveau dans la morosité ambiante", comme l'a si bien noté Joanna Baloglou, directrice de la communication à la SGBL.

Avant d’inviter l’assistance à rejoindre le restaurant du musée pour boire à la santé de cette jeunesse splendide dans son courage, son espoir et son engagement – et se délecter de la light touch de Caline sur les platines – Ziyad Makhoul a lancé une promesse : « Génération Orient reviendra après une pause de quelques mois, avec une peau neuve et davantage encore d’inventivité et de surprises. »

Les lauréats

1er prix : Shaden Fakih

Shaden Fakih est dans le rire. Il fait fusion avec sa vie. Avec ce médium, elle communique et flirte avec les autres. Elle dresse des ponts avec eux en brisant les tabous et en cassant les barrières. Pour elle, l’art de jouer et de faire rire n’est pas très compliqué. C’est même très simple parce que, dans la vie déjà, elle dit qu’elle est une « joueuse » et que son art est un espace où la vérité absolue n’existe pas. Elle a obtenu 19,8 % des voix (20,2 % du jury et 19,4 % du public).

2e prix : Tania el-Khoury

Ses installations interactives sillonnent le monde dans un questionnement universel sur l’implication de l’homme au sein de son espace vital et sur une dignité toujours revendiquée. Pour Tania el-Khoury, le « live art » informe et proteste, et les protestations peuvent informer « le live art ». Tania el-Khoury a obtenu 15,6 % des voix (29,8 % du jury et 1,4 % du public).

3e prix : Ghaleb Hawila

Ghaleb Hawila n’est pas un simple graphiste, mais un explorateur de la lettre arabe qu’il remodèle à sa façon afin que cette écriture ne meure pas, mais demeure un art vivant. Ghaleb Hawila a obtenu 13 % des voix (1,2 % du jury et 24,9 % du public).

Qui sont les artistes de la saison 3 ?

Outre ses 3 lauréats, la saison 3 de Génération Orient comprenait des talents multiples. Lors des délibérations du jury, et dans sa défense de Sabyl Ghoussoub, Zéna Zalzal a mis l’accent sur l’ADN partagé avec L’Orient-Le Jour de cet artiste pluridisciplinaire, tout à la fois auteur, curateur, blogueur, photographe, organisateur de concerts et d’expositions. Pour Carla Henoud, le duo de designers Sayar & Gharibeh est talentueux, modeste et sincère, autant dans son travail que dans son rapport avec les gens. Du violon à l’alto, en passant par la peinture, Ribal Molaeb est de toute évidence un artiste pluridisciplinaire, a affirmé Edgar Davidian.

Pour Gilles Khoury, on pourrait facilement réduire Marie à cette voix de sirène qui prend aux tripes et hérisse tout l’épiderme, à moins d’être bouché. « Mais Marie, c’est aussi une ingénieure reconvertie dans la musique et, surtout, une femme productrice qui s’attelle sur un premier album ambitieux, à la croisée du tarab et du monde. » Quant à Charbel Saadé, « littéralement habité par la photo », il va à la rencontre « de la vie, de ces visages, de ces fleurs et cette nature qu’il couche sur papier glacé, comme un journal intime d’une sincérité époustouflante ».

« De l’illustration à la bande dessinée, du graphisme à l’animation, en passant par la publicité, rien n’arrête Raphaëlle Macaron », martèle Danny Mallat. « Persévérante, assidue, volontaire et débordante d’énergie, son parcours est un horizon ouvert, parsemé de bulles qu’elle explore comme une vraie pro. »

Roy Dib, formé aux arts de la scène, « touche-à-tout de génie, cofondateur de Zoukak, mais de tout temps obsédé par la caméra, connaît son premier succès artistique grâce à Mondial 2010, un film conceptuel et profondément humain qui lui vaut le Teddy d’or à Berlin », souligne Fifi Aboudib. À travers son art, il questionne un réel épuisé et le redessine au négatif pour en extraire de nouvelles possibilités.

Chadi Aoun fait partie quant à lui de la première promotion de cinéastes d’animation libanais. « Sachant que l’animation est un travail de longue haleine dans lequel très peu d’artistes se risquent faute de moyens, son courage et sa détermination méritent d’être salués. Pionnier, il vient aussi à la danse avec passion et talent à l’âge de 30 ans », indique Fifi Aboudib.

Quant à Rym Beyroun, Olivier Gasnier Duparc la décrit parfaitement bien : « C’est une jeune créatrice qui s’approprie, amalgame et bouscule tout ce qu’elle touche. Renversant tout sur son passage, elle signe une mode innovante et sans tabous. »

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