Les maronites tirent leur origine d’un saint anachorète appelé « Maron », lequel existait vers la fin du IVe siècle, et dont le nom était en grande vénération au Liban et dans toute la Syrie. Théodoret exalte sa piété ; les Pères du concile de Chalcédoine l’ont mentionné avec éloge, et saint Jean Chrysostome, lumière de l’Église orientale, loue, dans sa trente-sixième lettre, ses vertus héroïques en se recommandant à ses prières. Saint Basile et saint Jérôme n’en ont pas parlé avec moins d’enthousiasme ; le Ménologe grec (livre liturgique de l’Église grecque, correspondant au martyrologe latin) ainsi que le Martyrologe romain le placent au nombre des saints ; et le père Rosveïdo, qui en a fait un élégant panégyrique (éloge sans réserve), en raconte les miracles.
Suivant la relation de Maxime, archevêque de Chypre, saint Maron a fondé en Syrie un grand nombre de couvents devenus plus tard autant de séminaires d’où sont sortis, pour l’Église, des hommes distingués par leur sainteté et par la pureté de leur doctrine, ainsi qu’il a été reconnu au second concile de Constantinople auquel ils ont pris part.
Le plus célèbre parmi ces couvents est celui qui, sous le règne de l’empereur Marcien, fut érigé près des rives de l’Oronte, en mémoire de saint « Maron ». C’est de là que sortirent, entre autres victimes, les trois cent cinquante martyrs courageux qui, sous les empereurs Sévère et Anastase, versèrent leur sang pour la foi orthodoxe, ce qui est mentionné dans le Martyrologe romain, à la date du 31 juillet. Un couvent non moins digne de vénération est celui qui fut fondé à Constantinople et dont les moines, pour faire triompher la foi de leurs ancêtres, surent résister à Nestorius et à Jacques Béradée, chef de la secte des Sévériens, et prirent ensuite le nom de maronites, à l’exemple des Eustasiens, défenseurs du concile de Nicée. S’il est, en Orient, une nation qui puisse se glorifier d’avoir toujours et partout professé, d’un sentiment unanime et avec une fermeté inébranlable, la sainte foi orthodoxe et de n’avoir jamais varié dans la discipline, c’est sans contredit la seule nation maronite authentique, la plus sacrée. Et cette foi de leurs ancêtres, les maronites la conserve aujourd’hui encore, et en tous lieux, saine, pure, sans tache, et avec une telle uniformité de sentiments, que, quelque nombreux qu’ils aient été et environnés qu’ils se voyaient de toutes parts — d’infidèles, d’hérétiques, de schismatiques —, jamais, relativement à la foi et le rite, le moindre différend ne s’est élevé parmi eux, jamais aucun schisme ne les a désunis, jamais enfin un seul d’entre eux n’a altéré la pureté de la doctrine catholique, ce qui est attesté d’une manière non équivoque par le témoignage de l’histoire.
L’accusation à tort et sans aucun fondement que les maronites ont été accusés d’avoir, dans un temps très reculé, professé le monothélisme (doctrine selon laquelle il n’y aurait eu dans le Christ qu’une seule volonté, la volonté divine) est pleinement et victorieusement réfutée par les historiens les plus respectables et par les documents émanant des pontifes les plus savants.
Plus tard, après avoir surmonté des péripéties contre les maronites par des déclarations injustes et ayant été victime de méchancetés d’individus hérétiques et jaloux de la prospérité de l’Église maronite, et nonobstant,que la croyance des maronites ne pouvait pas être suspectée, qu’elle restait constamment « une » et « inviolable », et que le peuple demeura toujours profondément respectueux et soumis envers l’Église romaine, mère de toutes les Églises, les mauvaises langues et les pièges infertiles se turent et stoppèrent une fois pour toutes.
Avec le temps le nombre des maronites s’est accru énormément et le patriarche Étienne Endénensé prit la décision d’élire un patriarche pour se garantir de toutes mauvaises manœuvres et contagions de la part des ennemis des maronites, ce qui advint l’année 686 dans la personne de saint Jean Maron.
Cette confirmation eut lieu en effet dans la personne de Jean Maron, l’un des moines du couvent Saint-Maron en considération due à ses vertus, à une vie sainte et sans reproches (les maronites en célèbrent la fête le 2 du mois de mars).
Et depuis, l’Église maronite poursuit sa trajectoire à travers les siècles et les années jusqu’à ce jour : ainsi, les maronites entièrement catholiques unis avec le Saint-Siège et pleins de respect et de vénération pour les pontifes romains qui avaient beaucoup de circonspection pour l’Église maronite et son patriarche maronite au Liban.
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