Le nouveau ministre de la Santé, Jamil Jabak, s’est voulu rassurant hier, dans sa première déclaration à la presse après l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, en affirmant qu’il ne fait pas partie du Hezbollah, au moment où les États-Unis réitéraient leurs inquiétudes à l’égard de la nomination d’un proche de la formation chiite à ce poste.
Fait marquant, M. Jabak a choisi d’accorder sa première interview à la radio des Forces libanaises, Radio Liban libre, et il a dit qu’il n’est pas affilié au Hezbollah et que ce parti a fait exprès de ne pas désigner un de ses membres à la Santé « pour éviter des problèmes qui pourraient se poser à cause des sanctions américaines » contre cette formation.
Mais les États-Unis, qui ont déjà mis en garde le Liban contre la nomination d’un ministre hezbollahi à ce poste, ne semblent pas sensibles à cette nuance. Le département d’État américain, qui s’est félicité hier en fin d’après-midi de la formation de la nouvelle équipe Hariri, a fait part de « son inquiétude », dans un communiqué, « parce que le Hezbollah (…) continue d’occuper des postes ministériels et a été autorisé à nommer le ministre de la Santé ». Le communiqué, distribué à Beyrouth par l’ambassade américaine, invite le nouveau gouvernement à « veiller à ce que les ressources et les services de ces ministères ne puissent apporter un soutien au Hezbollah ».
Dans son interview à Radio Liban libre, Jamil Jabak, qui est le médecin personnel du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a en outre formellement démenti les rumeurs selon lesquels le Hezb voulait la Santé pour pouvoir importer des médicaments d’Iran. « Nous nous conformons aux lois du ministère de la Santé pour l’importation des médicaments et nous n’envisageons pas d’en élaborer d’autres », a-t-il dit, avant de rendre hommage – autre fait marquant – à son prédécesseur (FL), Ghassan Hasbani, qui avait fait l’objet d’une campagne systématique de dénigrement, menée contre lui par le CPL, dont ses collègues au sein de l’ancien gouvernement. « Nous poursuivrons ce que M. Hasbani avait commencé au niveau de la réduction des prix des médicaments. Ce qu’il a fait était très important, que ce soit pour les médicaments ou pour l’établissement d’une carte de santé, même si certaines choses ont besoin d’être encore examinées », a-t-il dit.


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