Le message libertaire de Sartre, « Vous êtes responsables en tant qu’individus », résoudrait la situation dramatique dans laquelle nous pataugeons. Le silence des Libanais face aux abus de pouvoir répétés des gouvernants est anormal. Les Libanais montrent une servilité maladive et continuent à être des idolâtres aveugles et bornés.
La composante essentielle de l’être humain est l’action. Nous sommes gouvernés par une classe enfoncée dans la subtilité du religieux qui prend le pays vers l’inconnu. Ils s’enlisent dans des débats et continuent à retarder les échéances de la formation du gouvernement, voulant s’approprier le plus grand nombre de portefeuilles. La situation du pays est dramatique et ne supporte plus cette longue attente. Le Libanais est dégoûté et son quotidien est pitoyable.
Les politiciens ne se soucient pas des citoyens. Les droits de l’homme les plus élémentaires ne sont plus appliqués. Le Liban est gouverné par des promesses mensongères et par des politiciens à l’esprit moyenâgeux et féodal. La pollution se propage et le pays est englouti par ses ordures. Les maladies se multiplient et des enfants sont mal soignés.
Les responsables retardent toutes les échéances pour finalement imposer leurs propres règlements. Une tactique ayant déjà fait ses preuves mais qui ne marche plus de nos jours. Ils mènent une vie normale, organisent des fêtes, se dandinent sous les lumières des projecteurs, se lancent indéfiniment des reproches en menaçant la paix et la démocratie. Pas de projet de démission malgré la nullité de leur mandat.
Le communautarisme religieux met en péril les valeurs universelles de liberté de l’individu. Ce dernier est amorphe, subit ce mouvement de pensée sans se soulever. La religion rassure ses membres en les étouffant. La violation répétée des droits des citoyens par les responsables est périlleuse. On ne transige pas sur les droits des hommes. L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale est essentielle. Les droits de la Déclaration universelle de 1948 ne sont plus la base sur laquelle repose le monde.
Les droits élémentaires de la vie manquent au Liban. La pauvreté s’installe et l’écart entre les pauvres et les riches s’accroît. Les allocations familiales sont inexistantes et les facilités sociales ne sont pas assurées. Le chômage s’est propagé partout et les scolarités sont devenues exorbitantes dans les écoles privées et religieuses et ne sont pas subventionnées. La Sécurité sociale n’inclut pas tout le monde et les assurances ne sont pas à la portée de tous. La retraite des vieux n’est pas assurée et les Libanais ne peuvent plus finir leurs jours avec dignité. La presse n’est pas libre, la censure et les arrestations se succèdent. En un mot, la situation se résume au je-m’en-frontisme du politique et du religieux.
Le communautarisme religieux est rejeté. Les discriminations sont énormes, au nom de la religion. Libérez les hommes et cessez de contrôler leurs opinions, leurs croyances et leurs comportements pour mieux les présider. Chez nous chrétiens, tout est payant, l’éducation de nos enfants, les cérémonies religieuses, les baptêmes, les mariages et même les funérailles. On châtie au nom de Dieu. On mendie en son nom. Et si on reçoit de l’aide, l’argent n’est pas utilisé pour les bonnes causes.
Libanais, réveillez-vous, vous êtes hypnotisés par vos problèmes et vos lourdes responsabilités. Observez ce qui se passe et refusez toute soumission et servitude. Indignez-vous.
Ce texte est le courrier d'un lecteur. A ce titre, il n'engage que son auteur et ne reflète pas nécessairement le point de vue de L'Orient-Le Jour.


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Je partage entièrement ce cri de cœur et de raison. Mais au point où nous sommes, s’indigner ne suffit plus. On se demande parfois ce qui retient les Libanais à rester chez eux. S’indigner, dénoncer, à coups d’articles, c’est plutôt un coup d’épée dans l’eau. Il faut de l’action, comme les ""gilets jaunes"" par exemple, sans trop de violence, bien entendu. Les Libanais sont-ils responsables de ce laisser-aller, ou de ce qu’il leur arrive ? Pas si sûr. Et Dieu dans tout cela est innocent. Quel spectacle, quand les politiciens ""dandinent"" sous les feux de la rampe… devant des gens au bord de la crise de nerfs… J’aime bien cet adage, je ne sais plus s’il est égyptien ou chinois, que quand la balle n’atteint pas la cible, elle rend sourd. C.F.
12 h 31, le 30 janvier 2019