La victoire de Sébastien Ogier au rallye Monte-Carlo a redonné espoir à Citroën. Le retour du sextuple champion du monde au sein de l’équipe de ses débuts en a ainsi changé la dynamique. Jean-Pierre Clatot/AFP
Avec le recrutement cette saison du sextuple champion du monde Sébastien Ogier, vainqueur du rallye Monte-Carlo dimanche dernier pour son retour chez Citroën, le constructeur français s’est remis en ordre de marche pour retrouver les sommets en championnat du monde des rallyes (WRC).
Cette victoire est significative : ce n’est que la 4e pour la marque aux chevrons depuis son retour en WRC en 2017, mais elle intervient dès la première d’Ogier depuis 2011. « C’est la concrétisation de tout ce qui a été fait l’an passé pour essayer de redresser la barre », assure le directeur de Citroën Racing, Pierre Budar, arrivé aux affaires juste avant l’édition 2018 du Monte-Carlo. « On a restructuré l’équipe, essayé de redonner un esprit de corps, revu notre approche quant aux évolutions techniques et on essaye d’avoir des pilotes capables d’exploiter ce travail, résume-t-il. On a clairement identifié qu’on avait besoin de Sébastien Ogier pour gagner puisque une voiture et une équipe aussi fortes soient-elles, sans un pilote capable de gagner, ne permettent pas d’aboutir. »
Entre 2017 et 2018, l’équipe, qui vise cette année le titre pilotes avec Ogier, est restée cantonnée à la 4e et dernière place du classement des constructeurs, derrière Toyota, Hyundai et, surtout, la modeste structure privée M-Sport. Dans le même temps, le « team » partenaire de Ford s’offrait deux titres pilotes avec Ogier ainsi qu’une inespérée couronne chez les constructeurs. Son patron, Malcolm Wilson, vantait le « professionnalisme » du multiple champion du monde et de son copilote Julien Ingrassia, tant en course que pour développer leur voiture, et assurait que « leur arrivée (avait) permis à tout le monde de donner les 5 % supplémentaires qui permettent d’avoir des résultats ».
Les dirigeants de Citroën ont donc fini par se ranger à cet avis, s’attachant les services de la paire pour 2019 et 2020, alors que les négociations entamées pour 2018 n’avaient pas abouti. Linda Jackson, directrice de la marque, défendait alors le maintien des pilotes Kris Meeke et Craig Breen. Meeke, déjà mis au repos forcé courant 2017 suite à ses nombreuses sorties de route, a été remercié courant 2018. Breen n’a pas été maintenu en 2019, remplacé par Esapekka Lappi, vainqueur d’un rallye en WRC quand Breen court toujours après un premier succès. Si Ogier n’a pas été recruté la saison dernière, « c’était une question de contrats avec Meeke et Breen », justifie aujourd’hui Jackson. Elle ne cache pas toutefois que le retour du sextuple champion du monde au sein de l’équipe de ses débuts en a changé la dynamique.
Source : AFP

