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Lifestyle - Pendant Ce Temps, Ailleurs...

Avec les jeepneys, c’est tout un art qui disparaît aux Philippines

Vic Capuno (52 ans) est un des derniers artistes de Manille à encore customiser des jeepneys. Ted Aljibe/AFP

Ils font partie du paysage philippin depuis des décennies, mais les jeepneys sont aujourd’hui voués à la casse. Et ces dinosaures de l’asphalte emportent avec eux les centaines d’artistes qui gagnaient leur vie en les customisant. S’ils portent tous de multiples cicatrices d’autant d’accrochages sur les routes de l’archipel, ces singuliers minibus sont aussi et surtout des œuvres d’art roulantes, avec leurs peintures extraordinaires, leurs lumières disco ou leurs jantes chromées.

Bernardo de la Cruz (65 ans) ne compte plus le nombre de jeepneys qu’il a décorés en 45 ans de carrière. Mais aujourd’hui, son atelier de Manille est désespérément vide. En cause, la décision du gouvernement de se débarrasser progressivement de ce mode de transport, en raison de ses piètres performances en termes de pollution et de sécurité routière. « C’est un acte de trahison contre les Philippins », dénonce Bernardo de la Cruz, qui est un des derniers artistes encore existants à customiser les jeepneys.

Naguère considérés comme les « rois de la route », ces véhicules sont un symbole culturel de Manille et des Philippines, au même titre que les taxis jaunes de New York. « C’est un produit exclusivement philippin. Nous sommes nés avec », assure Bernardo de la Cruz. Construits au départ avec les jeeps laissées derrière eux par les Américains après la Seconde Guerre mondiale, les jeepneys sont effectivement une invention philippine : un toit ajouté et à l’intérieur, deux bancs parallèles. Mais dans le cadre d’un plan gouvernemental, ces véhicules doivent être remplacés d’ici à l’année prochaine par des jeepneys électriques, moins polluants et bien plus confortables (portes, climatisation, sièges individuels, assez grands pour permettre aux passagers de s’y tenir debout). Ils seront produits à la chaîne, et non plus, comme les actuels jeepneys, arrangés dans de petits ateliers selon les desiderata de leurs fiers propriétaires.

C’est pourtant cette diversité qui a contribué à la célébrité des jeepneys traditionnels, et à ce qu’ils soient un objet immédiatement identifiable de la culture philippine. À tel point que le créateur français Christian Louboutin a lancé, l’an dernier, une ligne de sacs à main bariolés s’inspirant directement de ces véhicules. Et c’est aussi un jeepney qu’Ikea a choisi de repeindre à ses couleurs – jaune et bleu – pour annoncer l’ouverture d’un magasin aux Philippines. « C’est un des objets les plus représentatifs de notre art populaire moderne », explique Bernie Sim, designer originaire de Manille, auteur en 2014 d’un ouvrage consacré à l’art des jeepneys.

Source : AFP

Ils font partie du paysage philippin depuis des décennies, mais les jeepneys sont aujourd’hui voués à la casse. Et ces dinosaures de l’asphalte emportent avec eux les centaines d’artistes qui gagnaient leur vie en les customisant. S’ils portent tous de multiples cicatrices d’autant d’accrochages sur les routes de l’archipel, ces singuliers minibus sont aussi et surtout des œuvres d’art roulantes, avec leurs peintures extraordinaires, leurs lumières disco ou leurs jantes chromées.Bernardo de la Cruz (65 ans) ne compte plus le nombre de jeepneys qu’il a décorés en 45 ans de carrière. Mais aujourd’hui, son atelier de Manille est désespérément vide. En cause, la décision du gouvernement de se débarrasser progressivement de ce mode de transport, en raison de ses piètres performances en termes de pollution et...
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