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Culture

Des vies de papier aux souvenirs de l’au-delà

En librairie

Deux romans, rédigés en anglais, viennent d’être traduits en langue arabe. Rabih Alamedinne et Michael Newton sont les auteurs fêtés de cette conversion chez Hachette Antoine.

23/01/2019

Un superbe roman que ce Imraa la louzoum laha (An Unnecessary Woman) de Rabih Alameddine, traduit par Mohamed Alaa el-Dinne (Hachette Antoine, 310 pages). Un opus dont la version française, Des vies de papier (Les Escales, trad. anglaise Nicolas Richard, 330 pages), avait obtenu en 2016 le prix Femina étranger. Et où l’on suit l’histoire d’une Beyrouthine de 72 ans, non gâteuse, lucide, obsessionnelle et irrévérencieuse, fuyant conventions et modes de vie formatés pour se réfugier dans son appartement entre livres et ballades de Chopin.

Un récit d’une foisonnante richesse culturelle, d’une pertinente acuité de regard sur une société hypocrite et consumériste. Avec un témoignage grinçant, plein d’humour et de causticité, sur les horreurs et les dévastations de la guerre. Une voix de femme qui, sans aigreur mais avec un ton de superbe détachement, reflète sans doute celui de l’auteur qui livre là les secrets de ses passions littéraires et de son amour pour la ville de Beyrouth, dans ses états de détresse ou de fugace bonheur.

La version arabe manque toutefois de la force, du punch dans les répliques, ainsi que du langage savoureux de la version française qui faisait mouche à chaque phrase, à chaque réflexion. Mais il ne faut pas bouder son plaisir, ce livre reste un vibrant témoignage sur Beyrouth et ses habitants ainsi que sur la solitude des intellectuels dans une citoyenneté que rien ne régit, sauf les apparences et les facilités d’un confortable quotidien pour nantis.

Cette voix de vieille dame, pas forcément indigne ou aigrie mais cultivée et différente, entre ses cartons pleins du papier de ses traductions, ses livres de Kafka, Pessoa et Nabokov, ses disques de musique classique, les rigueurs spartiates de petit appartement au décor nu, reste une voix solitaire et attachante dans une capitale au luxe effréné et insolent, mais aussi à la misère et au délabrement incommensurables…

Heureux ceux qui vont avoir le plaisir de découvrir à travers ces pages, dans une langue arabe qui appartient à l’atmosphère évoquée, un univers aux mille clins d’œil d’une vie culturelle riche et sans frontières.

Avec le témoignage des personnes simples et modestes qui sortent du rang. Pas forcément pour être dans le mauvais sens, car on l’a bien compris, la majorité, c’est davantage une dictature qu’un partage équitable devant une minorité différente ! Le propos, ici, est une leçon de sagesse, d’ouverture et d’humilité.

Des vivants morts

aux morts vivants

Où va l’âme une fois que le corps est décomposé ? Michael Newton, un psychothérapeute américain spécialisé dans les régressions pour soigner les traumas, a tenté de répondre à cette énigmatique et poignante interrogation dans Rihlat al-arouah (Hachette Antoine, 310 pages, traduction de Nabila Youssef al-Fakih), un livre paru en 1994 sous le titre Journey of Souls.

Le thème en a tenaillé plus d’un et suscité de nombreuses curiosités. Une vie antérieure ? Où ? Comment ? De nombreux études et ouvrages se sont penchés sur des expériences de mort imminente.

Newton a bifurqué du chemin tracé et s’est penché sur ces âmes qui attendent de se réincarner. Mais où sont-elles, d’abord ? Dans quel limbe, parking, no man’s land, ciel, paradis ou enfer ? Vingt-neufs cas, présentés dans ces pages, tentent d’élucider cette énigme, sans trop arriver à donner une réponse précise au final... Des gens sous hypnose, de toutes croyances, parlent de leurs expériences. Des témoignages saisissants et qui concordent, dans leurs détails précis, pour parler de la mort et des rencontres de ceux qui sont venus pour les guider dans l’autre monde.

Une explication pour dire, en somme, ce qui fait l’essentiel d’un parcours humain. Et qu’en fait, le hasard, pour un autre corps, pour une âme, n’est pas une notion vague et incertaine…

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