Le député libanais Ibrahim Kanaan. Photo d'archives ANI
Le groupe parlementaire du Liban fort, affilié au président de la République Michel Aoun et dirigé par le chef du Courant patriotique libre de Gebran Bassil, a appelé à "briser le mur" pour obtenir la formation du gouvernement du Premier ministre désigné, Saad Hariri, alors que plus de sept mois se sont écoulés depuis sa désignation.
"Nous soutenons le Premier ministre désigné et nous espérons davantage d'efforts de sa part, et nous sommes à ses côtés. Il faut briser le mur", a affirmé le député Ibrahim Kanaan, qui a lu le communiqué du bloc à l'issue de sa réunion hebdomadaire.
La formation du gouvernement, attendue depuis plus de sept mois et qui semblait imminente à la veille des fêtes de fin d'année, semble reportée sine die. Le processus continue de buter sur le fameux obstacle sunnite, né de l’insistance des six députés hostiles au Courant du Futur – et bénéficiant d’un appui indéfectible du Hezbollah – à prendre part au cabinet.
Avant les fêtes, les six députés sunnites pro-8 Mars avaient annoncé qu'ils retiraient le nom de Jawad Adra de leur liste de ministrables à présenter au président de la République. Selon des informations concordantes, cette décision était motivée par la volonté du chef du CPL, Gebran Bassil, d'attirer M. Adra dans son giron et de former avec les ministres nommés par son parti et le chef de l’État un groupe de 11 ministres pour constituer un tiers de blocage au sein du gouvernement.
Dans ce contexte, le Hezbollah fait porter la responsabilité du blocage de la formation du cabinet au Premier ministre désigné Saad Hariri. Ce dernier accuse pour sa part le parti chiite d'entraver la formation d'une nouvelle équipe ministérielle.
Sur un autre plan, le groupe du Liban fort a estimé que la tenue du sommet économique de la Ligue arabe, qui aura lieu à Beyrouth dimanche,"n'est pas un défi lancé à qui que ce soit, car cela est dans l'intérêt du Liban". "Rivalisons pour renforcer l'économie, au lieu de nous entretuer pour savoir qui a hissé un drapeau ou l'a ôté. La cause de l'Imam Moussa Sadr est l'une de nos priorités et représente l'un des piliers de l'union nationale", a conclu le bloc aouniste.
Ces derniers jours, les responsables d'Amal s'étaient déchaînés contre la Libye, accusée de ne pas fournir d'éclaircissements sur la disparition de l'imam Moussa Sadr, lors d'une visite à Tripoli en 1978. Vendredi, le comité en charge de l'organisation du sommet économique avait affirmé que Nabih Berry avait précédemment approuvé la venue de responsables libyens au Liban, ce que M. Berry avait aussitôt démenti. Dimanche, des militants d'Amal avaient remplacé le drapeau libyen, installé sur le site qui accueillera le sommet économique arabe, au Seaside Arena (ex-Biel), par un drapeau de leur formation. D'autres militants avaient brûlé un drapeau libyen à Saïda, au Liban-Sud.
La Ligue arabe a affirmé mardi n'avoir reçu aucune demande de médiation entre le Liban et la Libye, au lendemain de l'annonce des autorités libyennes de leur décision de boycotter le sommet économique arabe prévu le 20 janvier à Beyrouth, sur fond de litige les opposant au mouvement Amal depuis la disparition du fondateur du mouvement, l'imam Moussa Sadr, dans la capitale libyenne, en 1978.


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