Repère

Norma, Oscar, Yohan... : comment nomme-t-on les tempêtes?

Hasroun couverte d’un manteau blanc. AFP / Joseph EID

Norma, Oscar, Windy, Yohan… Les noms des tempêtes sont légion. Loin d’être le fruit de l’imagination, ces dénominations suivent des critères bien définis établis sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Marc Whaïbi, chef du service météorologique à l’aéroport de Beyrouth, explique ainsi à L’Orient-Le Jour que « les tempêtes de neige et les orages habituels durant la saison froide ne reçoivent pas de noms ». « Seuls les cyclones tropicaux en reçoivent, précise-t-il. Les noms qu’on leur donne sont pris de listes préétablies sous l’égide de l’OMM. Au total, il existe six listes composées de 21 noms chacune. Chaque année, on suit par ordre alphabétique les noms inscrits sur une des listes. À la septième année, on reprend la première liste. Et ceci est appliqué à l’échelle internationale. »

Il semblerait que ce soit plus souvent des noms de femmes qui soient donnés... « Ce n’est pas vrai », assure M. Whaïbi, soulignant qu’historiquement c’était les marins – qui passaient des mois à voguer sur les océans – qui donnaient aux cyclones « le nom de leurs épouses ou amies, par pure nostalgie ». « Mais depuis que ces listes relèvent d’organismes scientifiques, elles incluent des noms féminins et masculins et ce, par souci d’équité, pour que les catastrophes ne soient pas uniquement liées aux femmes. Les noms sont alternés et suivent un ordre alphabétique, cinq lettres étant exclues (Q,U,X, Y et Z). De plus, ces listes ne changent pas. Seuls les noms qui correspondent à des cyclones dévastateurs le sont, et ce pour éviter de faire revivre le drame aux populations qui en ont été victimes. »

Au Liban, on n’a jamais eu l’habitude de nommer les tempêtes. Toutefois, « depuis quelques années, certaines institutions et même des individus se sont mis à le faire », constate M. Whaïbi. « Parfois, une même tempête portait plusieurs noms, poursuit-il. Par souci d’uniformisation et puisque l’activité météorologique relève du seul ressort de notre service, nous avons prédéfini une liste locale de noms que nous suivons pour référencer certaines tempêtes relativement importantes. »



(Lire aussi : Réunion ministérielle pour constater les dégâts de Norma et prendre les mesures nécessaires)



Les critères adoptés dans ce cadre sont également locaux. Deux paramètres sont ainsi pris en considération : une vitesse de vent supérieure à 90 km/heure et des chutes de neige à une altitude inférieure à 1 000 mètres, « puisque dans le contexte libanais, cela peut paralyser la vie quotidienne, professionnelle et scolaire ». « Contrairement aux listes internationales, celle du Liban est partie de Z, puisque la première tempête avait été nommée Zeina, ajoute M. Whaïbi. Malgré notre effort, certaines institutions continuent de nommer les tempêtes, bien que cela ne relève pas de leur ressort et même si elles ne sont pas spécialisées en la matière. »

Le service de météorologie de l’aéroport a d’ailleurs précisé dans un communiqué qu’il est la seule autorité qualifiée pour nommer les tempêtes, et ce en réponse aux rumeurs qui circulaient hier sur l’arrivée d’une nouvelle tempête nommée Tracy. Concernant cette tempête, M. Whaïbi souligne que « jusqu’à présent, les données météorologiques ne répondent pas aux critères précités ». « Si celles-ci changeaient, nous donnerions un nom à la tempête. » Le cas échéant, elle sera baptisée Myriam.



Norma, Oscar, Windy, Yohan… Les noms des tempêtes sont légion. Loin d’être le fruit de l’imagination, ces dénominations suivent des critères bien définis établis sous l’égide de l’Organisation météorologique...

commentaires (3)

Les météorologues ont commencé à donner des noms aux ouragans et aux tempêtes tropicales pour mieux communiquer leurs prévisions et avertissements au grand public. (Voir le site du gouvernement du Canada). Avec l’expérience, ils ont compris que l’utilisation de noms réduisait les erreurs par rapport à la méthode de désignation par la latitude et la longitude en vigueur. Avant 1950, le nom des ouragans était constitué de leur année à laquelle on ajoutait une lettre; par exemple, 1942A et 1942B. Par la suite, la dotation de noms humains s’est imposée. Au début, on ne donnait que des noms de femmes, mais, après 1978, on a commencé à donner des noms d’hommes et de femmes en alternance. Au Liban, on constate l'attribution fréquente de noms de femmes aux tempêtes. Ne voyez-vous pas là une preuve quelconque de sexisme?

N. Noon

19 h 58, le 12 janvier 2019

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Commentaires (3)

  • Les météorologues ont commencé à donner des noms aux ouragans et aux tempêtes tropicales pour mieux communiquer leurs prévisions et avertissements au grand public. (Voir le site du gouvernement du Canada). Avec l’expérience, ils ont compris que l’utilisation de noms réduisait les erreurs par rapport à la méthode de désignation par la latitude et la longitude en vigueur. Avant 1950, le nom des ouragans était constitué de leur année à laquelle on ajoutait une lettre; par exemple, 1942A et 1942B. Par la suite, la dotation de noms humains s’est imposée. Au début, on ne donnait que des noms de femmes, mais, après 1978, on a commencé à donner des noms d’hommes et de femmes en alternance. Au Liban, on constate l'attribution fréquente de noms de femmes aux tempêtes. Ne voyez-vous pas là une preuve quelconque de sexisme?

    N. Noon

    19 h 58, le 12 janvier 2019

  • La personnification du vent et peut-être des tempêtes c'est pourtant très ancienne, car on parlait de Zéphyr, Borée , Euros et Notos le vent du sud. Donc c'est une habitude que l'homme suit déjà longtemps, peut-être dans la civilisation égyptienne, phénicienne, perse ou babylonienne les tempêtes étaient peut-être personnifié comme des dieux ou déesses ...

    Stes David

    17 h 49, le 11 janvier 2019

  • LES TEMPETES SONT L,HIVER. LEUR DONNER DES NOMS EST UNE BLAGUE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    16 h 58, le 11 janvier 2019