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Liban - Tripoli

L’État veut-il « éradiquer le sunnisme modéré ? », s’interroge Ahdab

La Rencontre culturelle du dimanche s’est tenue à Tripoli en présence de l’ancien député Misbah Ahdab. Photo ANI

« La Rencontre culturelle du dimanche » s’est réunie en présence de l’ancien député Misbah Ahdab, du doyen de la faculté des sciences économiques de l’Université Saint-Joseph, Joseph Gemayel, et de la directrice du département nord de l’USJ Fadia Alam Gemayel, avec les membres de la Rencontre, à savoir le général Ahmad Alami, Majed Darwiche, Lameh Mikati, Samira Baghdadi et le président du Conseil culturel du Liban-Nord Safouh Mounjed.

Les participants ont dénoncé les revers de certaines mesures prises depuis la mise en œuvre du plan de sécurité au Liban-Nord qui a mis fin aux violences intermittentes à Tripoli il y a quatre ans.

Pour la Rencontre, certaines de ces mesures risquent de jouer en défaveur du sunnisme modéré. Se prononçant à l’issue de la réunion, Misbah Ahdab a soulevé le problème du fichage de « milliers de jeunes Tripolitains » selon des critères ambigus d’après lui. « Ceux que les enquêtes ont identifiés comme incitateurs contre l’armée ou fournisseurs d’armes n’ont pas été arrêtés. Qui plus est, il s’est avéré que ces personnes bénéficiaient de la couverture de l’État qui leur a délivré les permis de port d’armes (…). »

Résultat : « Il y a des milliers de jeunes au chômage pour avoir été impliqués à tort dans des dossiers sécuritaires. Les services publics de la ville sont paralysés, ce qui accroît la crise économique : la solution n’est pas de déployer l’armée dans la ville, mais d’assurer des opportunités de travail à ces jeunes (…) Si toutefois l’intervention de l’État est jugée nécessaire, cela ne justifie pas que les services de sécurité se mêlent de tout et de rien, si bien que le nombre des fichés ne fait qu’augmenter (…). »

Pour M. Ahdab, force est de se demander « pourquoi l’armée est toujours déployée quatre ans après la fin des combats » à Tripoli, comme si « l’État voulait entretenir l’image d’une ville favorable au terrorisme (…) sachant que les groupes fondamentalistes n’y ont pas leur place ».

L’État semble adopter la politique du pompier-pyromane répandue dans la région arabe, qui consiste à « provoquer des actions terroristes afin de justifier la répression de toute une catégorie de gens », à savoir les sunnites, a dit l’ancien député. « Lorsque je suis combattu en tant que partie modérée et que les autres sont protégés, les objectifs de l’État deviennent flous », a ajouté M. Ahdab.

Un autre élément susceptible de révéler une volonté de « saper la modération sunnite » se situe dans les discours ultrachrétiens, a-t-il dénoncé, dans une allusion à peine voilée au Courant patriotique libre. « Quelle est l’utilité du discours provocateur et gênant qui veut promouvoir le Liban chrétien ? Si chaque partie cherche à construire le pays comme elle l’entend, ce sera la fin du Liban », a-t-il précisé. Et de se demander encore « pourquoi d’aucuns veulent saper la modération sunnite au Liban ? Pourquoi confondent-ils le décompte des réfugiés syriens et celui des sunnites au Liban ? À moins de considérer les sunnites du Liban comme des réfugiés ? ».

« La Rencontre culturelle du dimanche » s’est réunie en présence de l’ancien député Misbah Ahdab, du doyen de la faculté des sciences économiques de l’Université Saint-Joseph, Joseph Gemayel, et de la directrice du département nord de l’USJ Fadia Alam Gemayel, avec les membres de la Rencontre, à savoir le général Ahmad Alami, Majed Darwiche, Lameh Mikati, Samira...
commentaires (3)

J'aime bien Saad, son mode de vie, sa libanaiserie, sa bonhomie etc... Il devrait être plus réaliste et plus intelligent que ça. S'il insiste pour ne pas prendre le train en marche, il sera laissé sur le quai de la gare par ses PROPRES sponsors sunnites. Un homme avertit...... 2.

FRIK-A-FRAK

21 h 03, le 08 janvier 2019

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Commentaires (3)

  • J'aime bien Saad, son mode de vie, sa libanaiserie, sa bonhomie etc... Il devrait être plus réaliste et plus intelligent que ça. S'il insiste pour ne pas prendre le train en marche, il sera laissé sur le quai de la gare par ses PROPRES sponsors sunnites. Un homme avertit...... 2.

    FRIK-A-FRAK

    21 h 03, le 08 janvier 2019

  • C,EST UN CONFLIT INTESTIN D,ALLEGEANCE QUI PARALYSE LE SUNNISME AU LIBAN !

    LA LIBRE EXPRESSION

    17 h 38, le 08 janvier 2019

  • ""saper la modération sunnite » se situe dans les discours ultrachrétiens"" ""Quelle est l’utilité du discours provocateur et gênant qui veut promouvoir le Liban chrétien"" ""Si chaque partie cherche à construire le pays comme elle l’entend, ce sera la fin du Liban "" 3 phrases phares, 3 phrases qui resument la dangerosite dans laquelle nous ont foutu les honorables,dont certains ont, eux, enfante de ces slogans/principes

    Gaby SIOUFI

    09 h 50, le 08 janvier 2019

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