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Nos lecteurs ont la parole - Nicolas Sbeih

Gigotières

Si vous avez encore la patience de regarder les journaux télévisés ou de lire les journaux, vous aurez remarqué un paradoxe évident : d’un côté un foisonnement d’activités étatiques… alors que rien ne change en réalité. Comment cela est-il possible ? En voici un exemple pratique : mardi 18 décembre, une journée comme une autre. Rien de particulier, avec toujours ces commis de l’État qui gigotent comme pas possible. Mais voyons de plus près ce que cache cette journée ordinaire, de quoi vous expliquer que si la gigotière existe bel et bien, rien ne bouge vraiment.

La commission parlementaire des Télécoms qui s’est réunie pour étudier les moyens de développer ce secteur adopte des recommandations prodigieuses. Il paraît qu’il faudrait créer ou activer une Autorité de régulation et une société étatique, Liban Télécoms : deux manières de faire participer le secteur privé. Très bien. Sauf que cela fait déjà partie d’une loi qui date de 2002 et qui n’a jamais été exécutée. Un croque-mort se contente de la déterrer de temps en temps.

Une autre commission, soucieuse de réduire les dépenses de l’État, propose de créer une seule centrale d’achat pour tous les ministères. Une autre idée géniale – qui date de 15 ans au moins.

Devant une troisième commission, le ministre de l’Énergie lance que les « compteurs intelligents » que l’on va installer dans les quartiers et chez les abonnés vont résoudre les problèmes et « même rétablir l’électricité 24h sur 24 ». Ces compteurs, dont on n’a pas encore mesuré l’intelligence, sont promis depuis 10 ans.

Une quatrième réunion a vu une intervention remarquée du président de l’Office national de l’emploi qui a exposé son intention de mener des études sur les besoins du marché de l’emploi, une prérogative de cet office depuis qu’il existe, mais sans aucune étude au palmarès.

Une cinquième réunion est consacrée aux aliments, statuant sur cette histoire de navets frelatés, alors qu’un ancien député rappelle qu’une loi sur la sécurité des aliments a bien été votée en 2015 (après sept années de discussions), mais n’a jamais été exécutée.

Une sixième commission étudie une nouvelle loi sur la circulation… Car on s’est rendu compte que la loi qui a été promulguée en 2014 n’était tout simplement pas exécutable.

Une réunion dédiée au tourisme des congrès conclut qu’il faudrait pour activer ce secteur construire un Palais des Congrès, une idée défendue par Rafic Hariri pendant 10 ans, et oubliée depuis son assassinat.

Le nouveau directeur de l’Inspection centrale, qui avait été mandaté voilà deux mois par une commission parlementaire pour déterminer le nombre de fonctionnaires dans chaque ministère, dévoile qu’il a du mal à satisfaire la requête de cette commission, qui cherchait à savoir pourquoi il y a une inflation de fonctionnaires. La plupart de ces départements font la sourde oreille. En réalité, personne ne connaît le nombre exact de fonctionnaires.

Ainsi va la vie étatique, une journée fructueuse après l’autre.


Si vous avez encore la patience de regarder les journaux télévisés ou de lire les journaux, vous aurez remarqué un paradoxe évident : d’un côté un foisonnement d’activités étatiques… alors que rien ne change en réalité. Comment cela est-il possible ? En voici un exemple pratique : mardi 18 décembre, une journée comme une autre. Rien de particulier, avec toujours ces commis de l’État qui gigotent comme pas possible. Mais voyons de plus près ce que cache cette journée ordinaire, de quoi vous expliquer que si la gigotière existe bel et bien, rien ne bouge vraiment. La commission parlementaire des Télécoms qui s’est réunie pour étudier les moyens de développer ce secteur adopte des recommandations prodigieuses. Il paraît qu’il faudrait créer ou activer une Autorité de régulation et une...
commentaires (1)

A peine croyable !

Shou fi

00 h 01, le 05 janvier 2019

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Commentaires (1)

  • A peine croyable !

    Shou fi

    00 h 01, le 05 janvier 2019

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