Ce n’est pas la première polémique entre des cadres du CPL et d’Amal. Photo ANI
« Avant que l’année ne s’achève, je dois dire que les plus grandes mafias du pays, spécialistes des pots-de-vin et des charges » fiscales « illégales imposées aux compagnies chrétiennes, sont les milices du ministère des Finances. » Ce tweet virulent est l’un de plusieurs publiés durant ces deux derniers jours par le député de Jezzine Ziad Assouad, membre du Courant patriotique libre, contre le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, qui est par ailleurs un haut responsable du mouvement Amal, présidé par le chef du Parlement Nabih Berry.
Les polémiques sur les réseaux sociaux entre les deux partis ne sont pas nouvelles : elles durent depuis quelques années et ont été particulièrement récurrentes en 2018. Mais cette nouvelle passe d’armes intervient sur fond de bras de fer entre le CPL et le Hezbollah (qui forme le tandem chiite avec Amal) au sujet de la formation du gouvernement, qui dure depuis sept mois.
Les derniers tweets de M. Assouad ont été particulièrement virulents. « Certains imposent des charges illégales et organisent le piratage contre des sociétés dont ils volent l’argent, tout en pratiquant l’évasion fiscale à notre détriment… Voilà comment je vais mettre un terme à la mascarade de la coexistence (…). »
Comme on pouvait s’y attendre, la réponse du ministère des Finances ne s’est pas fait attendre. Estimant, dans un communiqué, que le député « pense que de telles dérives verbales font de lui une star populaire », le ministère a noté que « M. Assouad renouvelle ses attaques contre le ministère, dont il accuse les responsables de ne s’en prendre qu’à des compagnies chrétiennes. » Et de poursuivre : « Le ministère des Finances saisit le ministre de la Justice, le parquet de cassation et le parquet financier, dans le cadre d’une plainte personnelle fondée sur les propos inclus dans le tweet de M. Assouad et sur tout ce que l’enquête pourra révéler. Nous demandons une vérification de ses mensonges et de ses allégations et nous appelons le leadership de son parti à rendre publique toute information documentée sur ce qu’il a avancé, afin qu’il ne supporte pas la responsabilité morale, ainsi que ses ministres, de ces propos putschistes contre l’État et le pacte national. »
Le « défi » lancé au ministère
Le député de Jezzine a rétorqué, estimant, dans un nouveau tweet, que « l’injustice financière est semblable à la probité de la justice à laquelle elle fait appel… Toutes les compagnies libanaises savent de quoi je parle, vous ne méritez pas d’être responsables de l’argent des gens, alors que vous êtes plutôt habitués à exercer votre emprise sur eux. »
Dans un autre tweet, il a considéré « la réponse comme étant hors sujet et trop personnelle ». « Ni le ministre des Finances ni d’autres ne peuvent porter plainte contre moi devant une quelconque autorité », a-t-il également écrit. Il a « mis le ministère des Finances et le ministre au défi de fournir des preuves, par les faits et les chiffres, que ce que je dis n’est pas vrai ».
De son côté, le ministre de la Justice Salim Jreissati, du bloc du président de la République Michel Aoun, lui-même fondateur du CPL, a déclaré à la LBC que « les accusations lancées par M. Assouad sont graves, parce qu’elles font assumer au ministère des Finances des mesures discriminatoires contraires à la Constitution et à la coexistence ». « J’apprécie le fait que M. Hassan Khalil a eu recours au ministre de la Justice et j’attends que M. Assouad me fournisse les documents en sa possession, afin que je lance la procédure judiciaire », a-t-il souligné.
En soirée, M. Assouad a répondu à M. Jreissati, soulignant que « la médiation est une chose, et la protection des compagnies en est une autre, or vous ne pouvez protéger ces compagnies de l’injustice perpétrée contre elles ». Il a appelé le ministre de la Justice à « demander au ministre des Finances les tables, les rapports et les noms, ce sera plus facile et moins risqué ».
Pour mémoire
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La "Mascarade de la Coexistence"est une vrais mascarade. Il n'y a de coexistence que sur le papier. Tous se tolerent pas plus. En fait il y a une dictature de fait dans ce Pays qui devient une republique bananiere (et encore)!
04 h 25, le 01 janvier 2019