MM. Kaaki, Kossaifi et Ajami, au cours de la conférence de presse, hier. Photo Hassan Assal
D’une même voix, les présidents des ordres de la presse, Aouni Kaaki, et des journalistes, Joseph Kossaifi, ont plaidé pour un procès rapide et équitable pour le patron de Renault Carlos Ghosn, arrêté au Japon, se disant convaincus de « son innocence ». Ils s’exprimaient lors d’une conférence de presse à l’ordre de la presse hier, en présence du coordinateur du comité de soutien à Carlos Ghosn, Imad Ajami.
M. Kaaki a insisté sur le rôle joué par Carlos Ghosn dans le redressement de l’un des fleurons de l’industrie japonaise, Nissan. « En tant que Libanais, résidents et émigrés, nous sommes fiers de ce phénomène », a dit M. Kaaki. « Nous espérons que le jugement sera rendu rapidement, étant convaincus de son innocence comme le clament ses avocats », a-t-il poursuivi.
Et d’ajouter, en citant l’accord de partenariat entre Renault, Nissan et Mitsubishi conclu par l’homme d’affaires : « Combattre ce héros s’est imposé depuis que ce partenariat a représenté une menace pour les compagnies américaines qui, après avoir produit les meilleures voitures du monde, se sont retrouvées en troisième position après les Allemands et les Japonais. »
Pour sa part, M. Kossaifi s’est demandé « comment un tel homme, un exemple sur lequel on a écrit des livres (…), se transforme en détenu entouré de doutes et accablé d’accusations, qu’on condamne avant même qu’il ne soit jugé ? ». « Nous n’intervenons pas dans l’action de la justice, mais force est de constater que cette affaire est entourée de beaucoup de mystère, a-t-il ajouté. Voilà pourquoi nous estimons que le processus juridique ne doit pas être soumis à l’influence de considérations internationales et régionales qui seraient à l’origine de cette arrestation inappropriée. »
« Carlos Ghosn est une valeur nationale et internationale qui mérite qu’on se solidarise avec lui », a conclu M. Kossaifi.
Pour sa part, M. Ajami s’est demandé si « Carlos Ghosn n’est pas la victime de ses succès, tant qu’il lui est impossible d’éloigner la politique de l’économie ». Il a fait remarquer que les Japonais ont un système juridique qu’il leur faut respecter, estimant qu’il est question, à la suite de cette affaire, que des lois soient modifiées dans ce pays. Il a salué « l’action menée par les Libanais, en commençant par le ministère des Affaires étrangères, l’Union libanaise culturelle dans le monde, le président et les membres des instances économiques, l’énergique ambassadeur du Liban à Tokyo ».
Et d’ajouter : « Est-ce que l’objectif était de faire échouer le plan de Ghosn qui visait à faire de Beyrouth le siège principal des ventes étrangères de l’alliance des trois compagnies, projet pour lequel un bâtiment a été acheté dans la capitale libanaise ? Serait-ce aussi parce qu’il voulait installer la branche régionale de ses compagnies aux Pays-Bas ? La détention de Carlos Ghosn est nuisible pour les économies française et japonaise. »


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11 h 39, le 28 décembre 2018