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Nos lecteurs ont la parole - Élie Hanna

Le troisième genre arrive

Le troisième genre arrive :

« Hen » évoque pour moi un son, et j’entends encore la voix du président Mitterrand qui terminait certaines de ses phrases par un « Hen » interrogatif et affirmatif à la fois, au lieu d’un « n’est-ce pas ? ».

En arabe, le son « Hen » est pour dire familièrement « Quoi ? tu peux répéter ? », et en allemand pour exprimer une grande surprise avec une connotation négative.

Mais en suédois, « Hen » est le pronom qui désigne le troisième genre, ni homme, ni femme, ni objet, juste un individu neutre.

Ce sont les féministes suédoises des années soixante qui ont créé ce pronom puisque le masculin dans ladite langue est employé d’office pour le neutre, comme en français d’ailleurs. Le débat sur le troisième genre était relancé en Suède au tournant du nouveau siècle, et depuis 3 ans, « Hen » est entré triomphalement dans le dictionnaire et dans l’état civil en Suède.

L’Allemagne permet depuis quelques jours d’indiquer sur les actes de naissance : femelle, mâle ou divers. Le troisième genre n’est plus un thème utopique, mais une réalité avec laquelle tous les pays seront amenés à en débattre dans les années à venir.

En Suisse, le débat est lancé officiellement depuis septembre 2018 au Parlement fédéral grâce à une femme politique courageuse, connue pour la justesse de ses positions. Le peuple suisse sera amené probablement à voter sur ce sujet avant la fin de 2023. Actuellement les personnes en Suisse qui n’ont pas de sexe déterminé peuvent modifier leurs actes de naissance à condition d’avoir au moins 18 ans car toute opération chirurgicale de cet ordre, avant la majorité, est interdite.

L’ONU a condamné plusieurs fois la France à cause d’opérations chirurgicales visant à donner un sexe à des enfants intersexués. Dans ledit pays, il est possible depuis 2015 d’obtenir par la voie judiciaire un acte de naissance neutre, sans définition du sexe. Une personne de 64 ans était la première à l’obtenir.

Ce sujet ne préoccupe naturellement pas que l’Europe. Beaucoup de pays, comme le Népal, le Pakistan, l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Inde et la Californie, ont englobé déjà le troisième genre dans leurs dispositifs légaux respectifs. Au Canada et en Australie, le débat est d’actualité.

Il faut préciser qu’entre 0,05 et 1,7% de la population mondiale naissent sans la possibilité de déterminer leur sexe.

Tôt ou tard, le Liban va devoir légiférer, et ça ne va pas être triste, quand le clergé des 18 confessions, qui règnent sur l’état civil, devra déterminer, chacun à sa guise, la troisième voie à choisir.

Avenue Antoinette 9 CH - 1234 Vessy

Le troisième genre arrive :« Hen » évoque pour moi un son, et j’entends encore la voix du président Mitterrand qui terminait certaines de ses phrases par un « Hen » interrogatif et affirmatif à la fois, au lieu d’un « n’est-ce pas ? ». En arabe, le son « Hen » est pour dire familièrement « Quoi ? tu peux répéter ? », et en allemand pour exprimer une grande surprise avec une connotation négative. Mais en suédois, « Hen » est le pronom qui désigne le troisième genre, ni homme, ni femme, ni objet, juste un individu neutre.Ce sont les féministes suédoises des années soixante qui ont créé ce pronom puisque le masculin dans ladite langue est employé d’office pour le neutre, comme en français d’ailleurs. Le débat sur le troisième genre...
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