Après plus de huit années d’attente, l’affaire « ICC-Services », baptisée « l’affaire Madoff béninoise », le plus gros scandale financier de ce pays, qui a fait plus de 150 000 victimes, a commencé à être jugée hier à Porto-Novo par un tribunal spécial. Dix personnes ont été appelées devant la barre de la nouvelle Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) et seront jugées – entre autres – pour association de malfaiteurs, escroquerie, exercice illégal d’activité bancaire et corruption, dans ce procès historique et très attendu. Seules six d’entre elles ont comparu hier, dont Guy Aplogan, président-directeur général d’ICC-Services (Investment Consultancy and Computering Services). Elles sont apparues plutôt sereines dans le box des accusés après huit ans de détention et ont toutes plaidé non coupable.
Selon un rapport du FMI, 24 structures de placement d’argent ont spolié 150 000 épargnants entre 2006 et 2010, pour un total estimé à plus de 150 milliards de francs CFA (soit 257 millions de dollars), leur promettant des taux d’intérêt mirobolants estimés entre 100 et 300 %.

