Nos Lecteurs ont la Parole

Citoyens de religions... ou citoyens d’État

par Fouad J. TABET
OLJ
11/12/2018

Hypothèse ! Qu’on le veuille on non, nous sommes tous, peuple du Liban, des citoyens de religions (si on peut attribuer le terme citoyen aux instances religieuses).

Ce fait est le mal endémique qui caractérise nos peuples. À notre sens, tant que ce mal durera, et il durera longtemps, selon les élucubrations politiques dans lesquelles se débat le pays, depuis son existence en 1943, est particulièrement dû aux racines originelles de l’occupation ottomane.

Comment pourrions-nous nous en sortir ?

Seule l’éducation de nos peuples sur la voie de la laïcisation pourrait nous permettre d’accepter le slogan d’un libanisme purement national. Citoyen d’État, avec tout ce que comprend cet intitulé, à savoir droits et devoirs : tel devrait être le programme de tout gouvernement qui viendrait à se former.

Il faudrait qu’à l’heure des prêches musulmans les vendredis et ceux chrétiens les dimanches, soit proclamé le sens de la convivialité entre nos peuples : les parents qui écoutent attentivement les prêcheurs en rentrant au sein de leur cellule familiale inculqueraient cet appel et cet enseignement à leurs enfants.

En deuxième phase, dans tous les établissements scolaires (toutes religions confondues) une heure par semaine obligatoire serait enseignée sur les bancs de l’école, au primaire, puis au secondaire. Un programme d’éducation à l’image de cette mosaïque de religions qui se côtoient devrait être prévu par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Quant aux universitaires qui sont appelés à suivre des cours d’enseignements professionnels (avocat, médecin, financier, ingénieur...), il doit être prohibé qu’au sein du campus il soit autorisé de faire appel à des partis politiques.

Le ver est dans le fruit, pour contrer toute appartenance citoyenne !

Hors campus, chacun serait libre de suivre l’influence qui l’imprègne sur ses orientations politiques. À noter que celles-ci pourraient être déjà influencées favorablement vers un sens national par son éducation scolaire, et réduire l’effet des tendances extérieures.

Partant de là, il pourrait être envisagé de retrouver des générations qui respecteraient le « Liban d’abord », avant de subir les influences néfastes d’une intervention étrangère qui influerait sur leur conviction d’appartenir à un pays qui s’appelle le Liban.

Au cas où ce programme d’éducation échoue, alors il faut savoir que ce Liban demeurera en l’état avec toutes ses vicissitudes.

Seules la naissance et l’éducation d’une nouvelle génération pourront nous sauver de toute ingérence étrangère, et permettront alors de se proclamer citoyen du Liban à part entière.

Il est bon de rêver, mais le rêve fait partie de la vie politique, en se référant à Martin Luther King, qui avait déclaré : « I have a dream. » Quarante-six ans plus tard, M. Obama est devenu le premier président noir des États-Unis.


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