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Lifestyle - Un Peu Plus

Ton odeur

Photo Bigstock

L’hiver arrive, Noël est bientôt là et l’odeur du sapin se répand peu à peu. Les bûches commencent à crépiter dans les cheminées des maisons de montagne, et les émanations du bois et des cendres embaument la maison. Des bougies aux parfums de l’hiver arrivent sur les rayons. Amande exquise, baume d’ambre, sapin de lumière, légende du Nord. Les odeurs se sentent à la pelle. Les souvenirs et les regrets aussi…

Un parfum, un effluve, une odeur. Et soudain, tout revient ou repart. L’odorat est le sens le plus aigu pour nous emporter et nous faire replonger dans le passé. « Mais quand, d’un passé ancien, rien ne subsiste, seules plus frêles, mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps. » Il y a eu la madeleine de Proust. Des émois retrouvés avec une odeur, une simple odeur.

L’odeur de la peau d’un homme. Sans parfum. En arrière-fond, la senteur de son shampoing. Quelques gouttes de Shalimar perdues dans un cou et qui ravivent des plaies qui ont peiné à cicatriser. Comme une claque au coin d’une rue lorsqu’un inconnu passe, emportant avec lui des milliers de souvenirs enfouis il y a 20 ans. En un instant, un frisson remonte l’échine, et on revoit Paris, les draps de cette chambre d’hôtel du canal Saint-Martin, les baisers volés sous le porche d’un immeuble de la rue Monge, cette rupture insupportable et toutes ces nuits sans sommeil. Pourtant, c’était un autre dans cette rue d’Achrafieh.

Tout ce qui est olfactif est émouvant, séduisant, mais également répugnant. Il y a les effluves de ces personnes parfumées comme des cocottes et qui envahissent l’espace, provoquant une légère nausée. Comme ces odeurs de peau terribles, véritables tue-l’amour. Comme l’émanation des choux de Bruxelles ou de n’importe quel chou chaud, qui nous rappellent cette cantine glauque où l’on a passé nos années d’école. Comme le foie de volaille pour certains, le poulet réchauffé et cette odeur de zankha qui subsiste sur un verre mal lavé ou un Chamex pas rincé ; cette odeur de friture qui envahit les textiles ou l’exhalaison d’une montagne de mégots écrasés dans le cendrier et que l’on retrouve au petit matin. Comme le tissu d’une voiture neuve qui exacerbe le mal des transports ou ri7et l’3founé.

Mais les odeurs ne sont pas que des réminiscences malheureuses. Ce ne sont pas que des N°5, des Habit Rouge ou des Bleu de Chanel. Ce ne sont pas que des bleus à l’âme. Ce sont l’enfance, une grand-mère, une cuisine embaumée de l’odeur de la fassoulia et des os à moelle qui cuisent 3al ghaz, le café fumant, son parfum, qu’il soit moulu ou en grains. Il y a la fragrance d’une bougie, couleur de chêne. Ces petits objets de cire qui nous font voyager ailleurs. Sous un figuier ou dans un champ de lavande. Et ces parfums d’ambiance et d’enfance. Le chlore d’une piscine couverte, le préau d’une école quand on y accompagne son fils, le soufre d’une allumette, le bois craquant d’une cheminée, le parfum du linge étendu, les savons pour bébé, les sprays d’Elnett virevoltant dans un salon de coiffure...

Et tous ces arômes qui chatouillent nos papilles. Le pain chaud sortant du four, le chocolat noir qui fond doucement, le sekkar des esthéticiennes, le zaatar grillé de la man’ouché, le persil d’un taboulé, la coriandre d’une mloukhiyé, les graines de la semsmiyé, l’eau de fleur d’oranger, un chewing-gum à la fraise, une goutte de menthe sur un sucre.

C’est l’after-shave d’un grand-père qui restait collé à notre joue des heures durant et qui nous manque. L’odeur de la nuque de cet homme qu’on a tant aimé et qui est venue s’installer sans crier gare dans le cou d’un nouvel amant.

(Res)sentir fait du bien, rappelle quelqu’un qu’on a chéri. Ça fait sourire, ça fait pleurer. Tant de parfums qui nous enveloppent et nous caressent. Des bouffées de sensations sensuelles, de désir, de mystère et de clarté. Une sorte de charte de nos émotions ravivées en un instant par « un peu d’essence de Guerlain dans les cheveux ».

L’hiver arrive, Noël est bientôt là et l’odeur du sapin se répand peu à peu. Les bûches commencent à crépiter dans les cheminées des maisons de montagne, et les émanations du bois et des cendres embaument la maison. Des bougies aux parfums de l’hiver arrivent sur les rayons. Amande exquise, baume d’ambre, sapin de lumière, légende du Nord. Les odeurs se sentent à la pelle. Les souvenirs et les regrets aussi…Un parfum, un effluve, une odeur. Et soudain, tout revient ou repart. L’odorat est le sens le plus aigu pour nous emporter et nous faire replonger dans le passé. « Mais quand, d’un passé ancien, rien ne subsiste, seules plus frêles, mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps. » Il y a eu la madeleine de Proust. Des...
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Sans oublier les relents nauséabonds se propageant dans la capitale chaque après-midi. Beyrouth mis au parfum de la Quarantaine. Pschitt!

Tina Chamoun

09 h 41, le 01 décembre 2018

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Commentaires (1)

  • Sans oublier les relents nauséabonds se propageant dans la capitale chaque après-midi. Beyrouth mis au parfum de la Quarantaine. Pschitt!

    Tina Chamoun

    09 h 41, le 01 décembre 2018

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