Nos Lecteurs ont la Parole

L’amour n’a pas d’âge

Sylvain THOMAS
OLJ
30/11/2018

ll nous semblerait manquer à notre devoir de ne pas écrire quelques mots sur Charles Aznavour, celui dont on ne se lassait jamais d’entendre et de réentendre les partitions musicales. D’abord, en parcourant sa vie on ne peut signaler aucun fait indigne ou déplorable de sa part tant sur le plan professionnel que sur le plan sentimental et financier.

Au fil des années et dans le tumulte des jeunes chanteurs qui se lançaient dans la course aux chansons, un self-made man de la musique nommé Charles Aznavour apparaît sur la scène publique du music-hall francophone. Il chante tous les gestes, les manières, les contrariétés comme aussi les malentendus du couple en les imbibant du miel de sa voix. On pourrait dire tout simplement qu’il incarnait les épisodes et les choses de la vie en les sublimant.

Tout en faisant un flash back dans les années « 60 », on s’apercevrait que les nymphettes aimaient les jeans, Chopin, Julien Clerc et Aznavour sans oublier Sinatra et James Dean; à trente ans, elles aimaient les décolletés de Chanel, Dalida, le jeu de l’acteur Omar Charif et de nouveau Aznavour. À quarante ans, elles aimaient le café capuccino, la musique de Gershwin, le talent de l’acteur Roger Moore (agent 007) et encore une fois Aznavour ; de cinquante ans à quatre-vingt dix ans, c’est encore et encore et puis toujours les chansons d’Aznavour qui les berçaient inlassablement.

Aznavour en chantant son attachement à son patrimoine écrivait : « Ils sont tombés sans trop savoir pourquoi, hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre... » Puis sur les désaccords d’un ménage : « Il prendra ta bouche, il prendra ta couche et m’enterrera pour la seconde fois. » Par la suite des poèmes surgissaient dans son esprit : « J’avais vingt ans, toi seize avec tout à apprendre. Quand je t’écrivais des poèmes, où tout rimait avec je t’aime, tu étais encore écolière, c’était avant la guerre. » Puis il passait dans l’ambiance nostalgique : « Hier encore, j’avais vingt ans, je caressais le temps et jouais de la vie comme on joue de l’amour (...). »

Charles Aznavour était une sorte d’institution nationale : un mouvement qui marche avec des refrains pour enjoliver la vie même aux couleurs dramatiques : « J’ai bu, j’ai joué et j’ai tout mis sur le tapis. À la roulette de la vie t’as tout gagné, moi j’ai perdu, alors j’ai bu. »

Des dames de tous les âges se chuchotaient : « Aujourd’hui, nous avons entendu une belle sérénade à la radio du jeune chanteur Aznavour, c’est fou comme cette mélodie nous a pris l’esprit et nous a égayées toutes au point de commander chacune une cassette chez le disquaire du coin. » Elles avaient de la joie au cœur car elles récoltaient ce que la voix magique d’Aznavour avait semé dans leurs mémoires.

Comme un visionnaire, il prévoyait le suivi d’un couple en désaccord : « Je sais qu’un jour viendra car la vie le commande, ce jour que j’appréhende, où tu nous quitteras, je sais qu’un jour viendra où triste et solitaire, en soutenant ta mère et en traînant mes pas, je rentrerai chez nous, dans un chez nous désert, je rentrerai chez nous où tu ne seras pas. »

Au fur et à mesure des années, de nouvelles générations naissaient et un public enthousiaste prenait forme, un public qui aurait pu se montrer sans pitié si le chanteur avait été médiocre, mais Aznavour avait contrats sur contrats avec des studios du music-hall et particulièrement à l’Olympia, ou bien au théâtre de la Madeleine à Paris ou bien encore au Carnegie Hall de New-York.

Et la vie continuait à sourire de plus belle à ce chanteur qui extériorisait sa voix d’or dans des soirées musicales de ville en ville et de province en province en faisant le tour de la France. Une communauté admirative et amicale naissait partout car la musique amuse même si elle passionne. La musique est une grande dame qui mérite le respect. En l’interprétant, Aznavour lui rendait hommage en lui prodiguant ses lettres de noblesse et les concerts étaient toujours salués favorablement par la presse nationale française et internationale. Les chansons d’Aznavour resteront à jamais gravées dans nos souvenirs sans aucune dissonance, aucune fausse note et aucune rupture ni dans la rime ni dans l’écriture.


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