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Moyen Orient et Monde

MBS tente de sauver la face avant le G20

Diplomatie

Le prince héritier saoudien a effectué une tournée régionale pour afficher la solidité des alliances de Riyad.


Julie KEBBI | OLJ
29/11/2018

C’est dans un climat tendu que Mohammad ben Salmane a atterri hier à Buenos Aires pour participer au sommet du G20 qui doit débuter demain. Le prince héritier saoudien est sous le feu des projecteurs internationaux depuis l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre dernier, tandis que les éléments le mettant directement en cause dans l’organisation de la sordide opération s’accumulent. Face à l’hostilité internationale à son égard, le prince héritier a multiplié les déplacements dans la région à une semaine du début G20, à commencer par les Émirats arabes unis jeudi dernier, Bahreïn dimanche, l’Égypte lundi et enfin la Tunisie mercredi.

Marquant la première tournée à l’étranger de MBS depuis l’affaire Khashoggi, l’objectif était simple : tenter de redorer son image en s’appuyant sur les pays amis du royaume wahhabite. « Sa tournée envoie un message que ce bloc allié aux Saoudiens est là pour rester – au mépris de tout appel occidental ou autre au changement à Riyad », explique à L’Orient-Le Jour Elizabeth Dickinson, analyste de la péninsule Arabique à l’International Crisis Group. « MBS est en train de consolider sa base, tout en démontrant à l’Occident que son règne n’est pas remis en question chez lui ou dans le voisinage. En bref, le message est simple : MBS est un fait », décrypte-t-elle.

Au cours de chaque déplacement, photos et déclarations ont été abondamment partagées sur les réseaux sociaux, affichant un Mohammad ben Salmane tout sourire, malgré les nombreuses protestations populaires en Tunisie contre sa venue. « Enchanté d’accueillir notre invité d’État, notre frère, le prince Mohammad ben Salmane. Nous sommes fiers de nos liens profonds », a écrit jeudi dernier sur son compte Twitter le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammad ben Zayed. « Une coopération étroite et un partenariat fructueux attendent nos pays. Les EAU seront toujours un foyer d’amour et de soutien pour nos frères en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. Le président du Parlement égyptien, Soleimane Wahdane, a quant à lui estimé mardi dans un communiqué que « la visite de MBS au Caire est une étape importante pour renforcer les relations entre les deux pays », tout en qualifiant la relation entre les deux pays d’« unique ».

Mettre en avant la solidité de ses alliances régionales est une nécessité pour le royaume wahhabite sur qui la pression s’est également accentuée sur le dossier de la guerre au Yémen. Riyad est à la tête d’une coalition avec Abou Dhabi pour appuyer les forces du président yéménite Abed Rabbo Mansour Hadi face aux rebelles houthis. Depuis deux mois, les critiques internationales déferlent un peu plus sur Riyad, couronnées par une plainte déposée lundi par l’organisation Human Rights Watch devant la justice argentine pour qu’elle examine le rôle de MBS dans l’affaire Khashoggi et dans les violations du droit international présumées de Riyad au Yémen.


(Lire aussi : MBS entame aux Emirats une tournée à l'étranger, sa première depuis l'affaire Khashoggi)


Axes stratégiques

Selon Mme Dickinson, « au mépris des demandes de réconciliation émanant de l’Occident, et en particulier des États-Unis, le Golfe est toujours aussi divisé et remodèle la géopolitique au sens large de la région ». « La sélection des pays par le prince héritier envoie un message clair sur les axes stratégiques qui définissent de plus en plus le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite se présente comme le leader d’un bloc de pays – les EAU, Bahreïn et l’Égypte – contre le Qatar, la Turquie et l’Iran », observe la spécialiste. « Cette scission remonte à plusieurs années, mais elle est de plus en plus visible depuis la crise du Golfe (blocus imposé par Riyad et ses alliés à Doha depuis juin 2017), puis l’affaire Khashoggi », souligne-t-elle.

Cette tournée régionale devrait toutefois être loin d’être suffisante pour sauver la face du prince héritier lors du sommet du G20 où MBS devra être au contact des principaux dirigeants du monde. Ces derniers devraient miser sur une approche prudente à l’égard du dirigeant de facto saoudien, tant dans leurs déclarations que dans leurs apparitions publiques à ses côtés pour éviter toute polémique à ce sujet. MBS pourrait toutefois saisir l’occasion pour se réunir discrètement avec certains dirigeants pour tenter d’atténuer quelque peu les tensions autour de l’affaire Khashoggi. Le prince héritier a notamment demandé à rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan au cours de son déplacement à Buenos Aires, a rapporté mardi le quotidien allemand Sueddeutsche Zeitung, alors qu’Ankara ne cesse de menacer de « tout révéler » au sujet du meurtre de Jamal Khashoggi.

Un conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, a également indiqué hier que le prince héritier saoudien devrait s’entretenir en marge du G20 avec le président russe, Vladimir Poutine, au cours duquel l’affaire Khashoggi devrait être évoquée. Selon le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, MBS ne devrait toutefois pas rencontrer le président américain, Donald Trump, lors de l’événement. Si le dirigeant américain a indiqué vouloir que Washington reste un « partenaire indéfectible » de Riyad, de plus en plus de critiques s’élèvent au sein du Congrès américain contre l’engagement saoudien au Yémen et l’implication du prince héritier dans le meurtre du journaliste saoudien.



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MBS VA PASSER LE CAP... ET ERDO RETIENDRA SA BILE QUI SE REFROIDIT PEU A PEU... N,AYANT PU OBTENIR DES INTERETS ESCOMPTES... RESTERA SUR SES PRETENDUES FUITES ENGERISTREES EN ARABE DIALECTE SAOUDITE ET TRADUITES EN D,AUTRES LANGUES DOUTEUSEMENT ET A DESSEIN... POUR SERVIR QUI ?

AIGLEPERçANT

Il pue .

Il va vivre avec ça toute sa vie ? Quelle misère !

L’azuréen

Il faut arrêter cette hypocrisie .

Bustros Mitri

Honte honte!
A suivre...

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