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Culture - En librairie

Asmahan, joueuse de poker, espionne et superstar des variétés arabes...

Femme fatale par excellence, sœur de Farid el-Atrache, Asmahan revit une fois de plus, non au cinéma mais grâce au livre réédité « Qessat Asmahan » (Histoire d’Asmahan), paru chez Dar el-Jadeed (286 pages) sous la double signature de Fouad el-Atrache (son frère ennemi !) et du journaliste Foumil Labib.

Qui ne reconnaît pas cette voix d’ange à travers les roucoulades de Ya Touyour ou Layali el-Ounsi fi Vienna ? Chansons mythiques et gerbes sonores lumineuses gravées à jamais dans la mémoire collective. Mais par delà cette voix de cristal, quelle femme a été Asmahan ? Quel a été son parcours exceptionnel ? Pourquoi cette pluie de commentaires acerbes ? Et ces flots d’éloges ? Quelle part d’ombre a-t-elle emporté avec elle outre-tombe ?

Si de nombreuses personnes se sont penchées sur sa vie mouvementée et tourmentée, peu savent sans doute les détails de toutes les batailles qu’elle a dû mener pour sa liberté, ses incartades, ses frasques, ses intransigeances, son caractère bien trempé, ses amours multiples et tumultueuses. Une vie entre faste royal et fréquentations au sommet, dont celle du roi Farouk 1er d’Égypte qui vont précipiter la fin tragique de cette Marilyn de l’Orient, fille du prince Fahd el-Atrach, de la communauté druze syrienne.

Dans Qessat Asmahan (Histoire d’Asmahan), paru chez Dar el-Jadeed (286 pages), livre fourmillant d’épisodes dignes du plus romanesque des romans et qui ne manque ni de pointes ni de piques car c’est son frère second Fouad, ennemi juré, animé de sentiments machistes, qui parle dans ces pages riches en confidences, et Foumil Labib, plume docile, qui enregistre et écrit.

Un livre à deux voix ne laissant pas beaucoup de place aux explications qu’on aimerait pourtant avoir après la mort accidentelle si mystérieuse et inattendue, telle Lady Diana, de la célèbre vedette et chanteuse.


(Pour mémoire : Pour ne pas oublier Fathia Ahmad, entre Oum Koulsoum et Asmahan...)


Triomphes et diktats
Mais flash-back sur cette vie au parcours un peu chaotique, avant-gardiste et moderne bien avant la fébrile et effervescente libération des femmes. Née en 1917 et décédée en 1944, Asmahan (nom de scène signifiant sublime en perse), dans une existence brève et fulgurante, avait des atouts majeurs pour réussir. Sans oublier une carte de visite inestimable, celle d’être la sœur de Farid el-Atrache, authentique coqueluche du monde de la chanson arabe.

Elle est née sous le signe de l’espoir Amal el-Atrache, dont le prénom, en langue arabe, est la désignation de cet espoir. Et ceci pour avoir échappé à la mort dans sa fuite sur le bateau qui menait sa famille d’Athènes à Beyrouth. Formée à la musique par sa mère libanaise Alia, Asmahan est dans la case des prodiges comme son frère Farid ! Mais jaloux de sa réputation et de sa respectabilité, son second frère veut la soustraire au milieu du spectacle. Suite à un mariage arrangé avec un cousin, elle devient pendant quatre ans une femme au foyer et élève sa fille Camilla. Le divorce viendra clore cet épisode et, libérée des contraintes conjugales et des diktats familiaux, la jeune femme se lance, au Caire, dans les mondanités, le poker, les nuits agitées et les amours sans lendemains.

Brusquement, c’est la flambée de la notoriété et de l’engouement du public pour son visage et sa voix. Ses films phares Intisar el-Chabab et Gharam Wa intiquam la propulsent au sommet de la gloire. Hollywood s’intéresse au phénomène. Mais Asmahan est au cœur des cabales, haines et jalousies de la cour empressée des hommes de premier rang (Mohammad Hassanein Pacha, entre autres…). Comme ligne de défense et rempart, elle épouse successivement les réalisateurs Ahmad Baderkhan et Ahmad Salem.

Sa collaboration avec les Britanniques pour des interventions politiques régionales secrètes la fragilise encore davantage. Sa mort par noyade dans les eaux du Nil, dans sa Rolls, avec son amie Mary Baines, demeure jusqu’à aujourd’hui une sombre énigme. Lutte intestine entre services de renseignements britanniques, contacts avec les agents de la Gestapo allemande, besoin de vengeance d’un mari délaissé ou vindicte d’un frère qui se croit déshonoré par les bravades et les provocations d’une sœur que rien n’arrête ? Autant de pistes restées inconnues et non élucidées pour un mystère qui continue de planer.

Tout cela, comme un vertige étourdissant, est la texture de ce livre passionnant qui jette la lumière sur une vie d’étoile radieuse mais qui n’explique ou ne justifie aucun coin d’ombre. Et il y en a tant, de ces zones claires-obscures !

Avec le recul, le passage du temps et l’évolution des mœurs, seule Asmahan triomphe. Et son image, énergique, talentueuse, éprise de beauté et de liberté, nous parvient, plus séduisante que jamais. Sans ajouter chicanes aux chicanes, récriminations aux récriminations, on se contente bien de cela !


Pour mémoire

Trois questions à De Gaulle Eid, coproducteur du film « Asmahan »



Qui ne reconnaît pas cette voix d’ange à travers les roucoulades de Ya Touyour ou Layali el-Ounsi fi Vienna ? Chansons mythiques et gerbes sonores lumineuses gravées à jamais dans la mémoire collective. Mais par delà cette voix de cristal, quelle femme a été Asmahan ? Quel a été son parcours exceptionnel ? Pourquoi cette pluie de commentaires acerbes ? Et ces flots d’éloges ?...

commentaires (6)

La fille d Asmahan s'appelle Camélia et vit a Beyrouth, et non Camilla. Son frère Fouad, à embêter Farid et Asmahan tout au long de leurs vies. D'ailleurs Fouad a pris tout l'héritage to Farid qui était supposé être pour Camélia, donc La fille d'Asmahan (Farid avait tout léguer à Camélia

Jack Gardner

11 h 19, le 26 novembre 2018

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • La fille d Asmahan s'appelle Camélia et vit a Beyrouth, et non Camilla. Son frère Fouad, à embêter Farid et Asmahan tout au long de leurs vies. D'ailleurs Fouad a pris tout l'héritage to Farid qui était supposé être pour Camélia, donc La fille d'Asmahan (Farid avait tout léguer à Camélia

    Jack Gardner

    11 h 19, le 26 novembre 2018

  • Asmahan n a pas reçu les éloges qu elle méritait ... elle a était assassiner c est clair net et précis .. tout le monde lui en voulait pour son talent sa beauté ... et sa SUPÉRIORITÉ ARTISTIQUE EST SON INTELLECTE MÊME OUM KHALTOUM EN ÉTAIT JALOUSE Repose en paix beauté des anges !!

    Bery tus

    23 h 07, le 25 novembre 2018

  • Excusez-moi pour l'erreur d'orthographe : Alors pourquoi des archives "militaires" parlent d'elle ?

    Sarkis Serge Tateossian

    21 h 04, le 25 novembre 2018

  • Une vie si courte, (27 ans) une carrière si belle, si intense marquant son temps pour de longues décennies... c'est rare. Parlons d'une fleur, d'un ange, d'une femme noble et si généreuse, il suffit d'écouter sa musique, sa voix...ses paroles. Trainée ? De qui parle-t-on des hommes qui la convoitaient ? N'entrons pas dans ce genre de débat inutile. ce n'est pas l'endroit. C'était une femme libre, une artiste de génie (cela peut gêner beaucoup de monde) Je suis surpris des supposés dires des "archives" de l'armée britannique qui font un chapitre sur Asmahan, pour la rabaisser ensuite mentionner sa mort pour dire qu'il ne s'agissait qu'une mort accidentelle !!! Alors pourquoi des archives "militaires" parlent-elles d'elle ? La blague de la semaine ? ---------------------------------- Si ma mère l'aimait (comme des millions de funs) c'est que ASMAHAN était unique, un ange et une voix céleste. C'est l'essentiel

    Sarkis Serge Tateossian

    18 h 40, le 25 novembre 2018

  • Depuis 4 ans, l'ouverture des archives de l'armee Britannique devoilent une autre image de cette femme passionnee qui se voulait femme libre et espionne, dans les annees 40 !. Il y a meme un rapport qui la traite de "soldiers slut at King David Hotel" Trainee de soldats !) Sa revanche de la famille royale Egyptienne, qui se moquait d'elle en la traitant de princesse des chevres du Golan, ne s'est pas faite: la reine mere et le milieux aristocratique la haissaient. Elle se servait de sa beaute et sa voix pour s'imposer dans ce milieux hostile.Parcontre, sa mort est tout simplement un accident de voiture ordinaire.

    Gerard Avedissian

    12 h 52, le 25 novembre 2018

  • Ma mère descendante du génocide de 1915 réfugiée arménienne au Liban, maîtrisait mal la langue arabe ... Toutefois c'est elle, qui m'a appris à aimer et apprécier la chanson orientale arabe à travers Asmahan et Fard El-Atrache, en particulier... Elle avait une grande admiration pour Asmahan, et semblait connaitre son parcours artistique et sa mort faisait déjà l'objet de diverses interprétations... Qu'elle me racontait. Plus tard j'ai pu apprécier la voix f"Asmahan ai cette créature à la voix céleste. Qu'elles reposent en paix toutes deux.

    Sarkis Serge Tateossian

    01 h 24, le 25 novembre 2018

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