X

Liban

La diplomatie de l’eau comme enjeu géopolitique

Débat

Une table ronde sur le nouvel ouvrage de Fadi Comair, directeur général de l’Eau, s’est tenue au Salon du livre francophone.


Hugo Tortel | OLJ
12/11/2018

Salle comble pour le débat consacré à la diplomatie de l’eau, en référence au titre du nouvel ouvrage du directeur général de l’Eau, Fadi Comair, Hydrodiplomatie et Nexus, qui était organisé mecredi au Salon du livre francophone à Beyrouth. Au cours du débat organisé sous le thème « Eau et Paix : enjeux et conflits », Fadi Comair a exposé la définition de ce concept novateur d’hydrodiplomatie, qui est une « nouvelle forme de gouvernance », associant les diplomates, les scientifiques et les décideurs politiques. Il s’agit, avant tout, de diffuser cette idée de « partage équitable avec une utilisation raisonnable de l’eau pour assurer le maintien de l’alimentation en eau des générations futures », selon lui.

Outre son poste de directeur général au sein du ministère de l’Énergie, M. Comair est aussi négociateur international en sa qualité de président honoraire du Réseau méditerranéen des organismes de bassin (Remob), et diplomate de l’eau à l’American Academy of Water. Étaient présents au débat le ministre de l’Énergie César Abi Khalil, ainsi que Pierre Gény, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences d’outre-mer française, Brice Lalonde, ministre de l’Environnement sous François Mitterrand et président de l’Académie de l’eau depuis 2016, et Roula Majdalani, directrice de la division des politiques de développement durable auprès de l’ONU depuis huit ans. Corinne Lepage, retenue à Madrid pour le Conseil mondial des cités et gouvernements locaux unis, a adressé une lettre à l’assistance.

Le Liban, château d’eau du M-O ?

Pour Pierre Gény, cette problématique sur l’eau est inhérente au mot de paix qui implique une « solidarité capitale dans ce domaine ». Dans cette optique, l’ouvrage de Fadi Comair représente, selon lui, un atout capital pour concevoir une « gestion concertée amicale et fraternelle » de l’eau.

Fadi Comair, a évoqué le fait que grâce à l’hydrodiplomatie, « le Liban a gagné la guerre de l’eau », après avoir convaincu la Syrie, en 2002, de s’appuyer sur les instances internationales onusiennes.

L’eau comme élément indispensable à la vie revêt un poids diplomatique capital avec des conséquences majeures sur de nombreux conflits à travers la planète et notamment au Moyen-Orient. Ce nouveau segment au cœur des relations internationales rajoute des tensions entre les pays de la région. L’hydrodiplomatie, selon Fadi Comair, doit constituer l’outil pour permettre un règlement pacifique de ces conflits, à un moment où certains experts agitent le spectre d’une future « guerre de l’eau ».

Tous les intervenants ont tenu à saluer le rôle de précurseur de Fadi Comair dans la compréhension des enjeux liés à l’eau, à l’instar de Brice Lalonde, pour qui Fadi Comair représente « sans doute le plus grand spécialiste mondial de l’hydrodiplomatie ». En outre, l’ancien ministre français de l’Environnement a estimé que cette table ronde constituait « presque la naissance de l’hydrodiplomatie », en vue de la préservation de cette ressource nécessaire à la survie humaine.

Le statut unique du Liban au Moyen-Orient a, évidemment, été relevé par les différents participants au débat, le Liban se trouvant être un « vrai château d’eau » au regard des autres États de la région, d’après les mots de Pierre Gény. Néanmoins, ce postulat n’empêche pas qu’il existe encore des pénuries d’eau pour les habitants du pays, comme l’a déploré une intervenante du public.

Le ministre César Abi Khalil a répondu qu’il s’agissait avant tout « d’un problème de stockage, de gestion et de distribution », tout se référant à la « stratégie nationale de l’eau » pour le renouvellement des réseaux et la construction de plusieurs barrages.

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants