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Centenaire 14-18

Macron et Merkel dénoncent une paix en danger

Les leaders du monde étaient hier à Paris.

Plus de 70 chefs d’État et de gouvernement, dont les présidents américain et russe, ont célébré en grande solennité le centenaire de l’armistice hier à Paris. Benoît Tessier/Pool/AFP

Plus de 70 chefs d’État et de gouvernement, dont les présidents américain et russe, ont célébré en grande solennité le centenaire de l’armistice hier à Paris, l’occasion pour Emmanuel Macron de dénoncer le nationalisme cher à Donald Trump.

Le chef d’État américain mais aussi, entre autres, ses homologues allemande Angela Merkel, russe Vladimir Poutine, israélien Benjamin Netanyahu, turc Recep Tayyip Erdogan, canadien Justin Trudeau ou marocain Mohammad VI ont assisté peu après 10h GMT à une grande cérémonie sous l’Arc de Triomphe, en haut de la célèbre avenue des Champs-Élysées, sous lequel gît le Soldat inconnu et brûle perpétuellement la flamme du souvenir, rappelant l’ampleur d’un conflit aux 18 millions de morts.

Sous une pluie fine, le groupe des chefs d’État et d’organisations internationales ont d’abord pris place sous un abri au pied de l’arc de Triomphe, survolés par des avions de la patrouille de France laissant un panache bleu-blanc-rouge. Donald Trump et Vladimir Poutine sont eux arrivés peu après, séparément du groupe de dignitaires qui avait remonté une partie des Champs-Élysées dans des cars. M. Trump, arborant un bleuet de France, symbole français de la mémoire des anciens combattants, a salué son homologue Emmanuel Macron, la chancelière Angela Merkel et le roi du Maroc Mohammad VI. Vladimir Poutine, arrivé en dernier, a aussi tendu la main à ses homologues français, allemande, et à Donald Trump.

Incident notable et rarissime, trois militantes Femen avaient auparavant forcé la sécurité pour s’approcher du convoi de Donald Trump, avant d’être interpellées. « La sécurité du cortège et du président des États-Unis n’a été en rien menacée », a assuré le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner.

La « trahison » nationaliste

Le dispositif de sécurité était massif, avec quelque 10 000 membres des forces de l’ordre déployés. La dernière fois que Paris a accueilli autant de dignitaires remonte au 11 janvier 2015, après les attentats islamistes contre Charlie Hebdo et le magasin juif Hyper Cacher.

Le célèbre violoncelliste Yo-Yo Ma a joué du Bach, des lycéens ont lu des témoignages de 1918 et la chanteuse béninoise Angélique Kidjo a chanté en hommage aux troupes coloniales.

« Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est sa trahison », a souligné le président français dans un discours conjuguant mémoire de la Grande Guerre et affres contemporaines, dénonçant le nationalisme dont se revendique Donald Trump et plaidant une fois encore pour une approche multilatérale de la gouvernance mondiale, à l’heure où de plus en plus de pays semblent enclins à lui tourner le dos.

Emmanuel Macron a ensuite ravivé la flamme du Soldat inconnu avant de converger avec des dizaines de dignitaires vers le palais présidentiel pour un déjeuner.

« Mr Hate, leave Europe »

Autour de homard de Bretagne, volaille et pommes de terre de la Somme, Vladimir Poutine et Donald Trump ont longuement échangé, aux côtés d’Emmanuel Macron et du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, selon l’Élysée. De leur côté, Melania Trump, Charlène de Monaco, Dominique Ouattara ainsi que les autres conjointes et conjoints des chefs d’État et de gouvernement qui ont commémoré hier l’armistice de la Grande guerre ont été accueillis par Brigitte Macron pour un déjeuner au château de Versailles.

Après le déjeuner, Donald Trump s’est rendu au cimetière américain de Suresnes, en banlieue parisienne, pour rendre hommage à ses concitoyens tombés, au lendemain d’un rendez-vous manqué à Bois Belleau, haut lieu de la mémoire militaire américaine pendant la Première Guerre mondiale. Le déplacement du président à ce mémorial avait été annulé à cause de la météo empêchant l’hélicoptère présidentiel de voler, suscitant de vives critiques aux États-Unis. Sous la pluie, le locataire de la Maison-Blanche a « rendu hommage » aux « courageux Américains qui ont donné leur dernier souffle », avant de regagner l’aéroport.

Près de 1 500 personnes, selon les autorités, ont dénoncé dans le calme hier la présence du président américain à Paris, lors d’un rassemblement place de la République. Les manifestants ont protesté contre sa venue dans la capitale, rassemblés sous un ballon géant représentant Donald Trump comme un bébé grincheux en couche-culotte. Les autorités s’attendaient à des « débordements » place de la République et avaient mis en place un important dispositif de sécurité. Elles craignaient la participation de « 200 à 400 activistes violents » en marge des commémorations. Sous une pluie fine, certains arboraient des pancartes s’adressant directement au président américain : « Mr Hate, leave Europe » (« Monsieur haine, quittez l’Europe ») ou encore « No justice, no peace » (« pas de justice, pas de paix »). Une banderole « Trump = guerre » avait été déployée sur la statue de la place.

Funestes mises en garde

Les autres dirigeants avaient, eux, rendez-vous dans l’est parisien pour participer au Forum de la paix, second temps fort de cette journée point d’orgue pour Emmanuel Macron, après une semaine de commémorations en France. À la grande halle de la Villette, aux côtés de représentants de la société civile, ils ont débattu de la gouvernance mondiale et affiché leur attachement au multilatéralisme, socle idéologique des relations internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En l’absence d’un de ses principaux contempteurs – Donald Trump –, plusieurs de ses plus fervents défenseurs, Emmanuel Macron, Angela Merkel et Antonio Guterres, ont plaidé pro domo devant une assistance globalement acquise, dans une ambiance mêlant le forum de Davos et la COP21. Multilatéralisme et coopération apportent la paix et le progrès, ont-ils fait valoir, mettant en garde contre le nationalisme et l’unilatéralisme, pourvoyeurs selon eux de guerre et de malheur. « Bien des éléments aujourd’hui me semblent emprunter et au début du XXe siècle, et aux années 30, laissant craindre un engrenage invisible », a jugé Antonio Guterres. Il a déploré une « polarisation de la vie politique et de la société elle-même, qui érode dangereusement les droits et libertés fondamentales, les principes démocratiques et l’État de droit ». « Les systèmes politiques et les Constitutions sont mis à l’épreuve des préjugés identitaires, du terrorisme et de la corruption de l’information », a-t-il relevé.

« Nous voyons bien que la coopération internationale, un équilibre pacifique entre les intérêts des uns et des autres, et même le projet européen de paix sont de nouveau remis en question », a déploré Mme Merkel. « La paix que nous avons aujourd’hui, qui nous paraît parfois par trop évidente, cette paix est loin d’être une évidence et il faut que nous nous battions pour elle », a-t-elle souligné, mettant en garde contre « un nationalisme à œillères ».

« Nous sommes fragilisés par les retours des passions tristes, le nationalisme, le racisme, l’antisémitisme, l’extrémisme, qui remettent en cause cet horizon que nos peuples attendent », a également prévenu M. Macron.

Source : AFP


Plus de 70 chefs d’État et de gouvernement, dont les présidents américain et russe, ont célébré en grande solennité le centenaire de l’armistice hier à Paris, l’occasion pour Emmanuel Macron de dénoncer le nationalisme cher à Donald Trump.

Le chef d’État américain mais aussi, entre autres, ses homologues allemande Angela Merkel, russe Vladimir Poutine, israélien...

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