Le ministre sortant de l’Information, Melhem Riachi, lors de la conférence organisée hier par l’Unesco. Photo ANI
Le ministre sortant de l’Information Melhem Riachi a appelé hier à mettre un terme à l’impunité dans le cadre des crimes commis à l’encontre des journalistes et à porter ce dossier devant le Conseil de sécurité de l’ONU. M. Riachi s’exprimait lors d’une conférence organisée par l’Unesco à l’occasion de la Journée internationale contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes et portant sur les moyens de lutter contre ce phénomène dans le monde arabe.
« Utiliser la violence contre un journaliste équivaut à utiliser des armes chimiques contre une population (…) Il faut mettre fin à l’impunité de ceux qui violentent ou tuent des journalistes. Il faut porter ce dossier devant l’ONU et le Conseil de sécurité », a dit M. Riachi, qui représentait le Premier ministre Saad Hariri lors de la conférence tenue à l’hôtel Coral Beach.
« Le monde arabe manque de développement car il manque de liberté, et lorsqu’on n’a pas la liberté et la parole libre, on n’arrive plus à interagir les uns avec les autres (…) Je demande en mon nom et celui du Premier ministre de hausser le ton et de défendre la parole et la liberté en défendant les médias et les journalistes dans le monde », a souligné M. Riachi. « Les médias, c’est le tribunal de l’opinion publique, et il est évident que certains régimes ou pays ont peur de ce tribunal », a-t-il ajouté.
Le directeur du bureau régional de l’Unesco à Beyrouth, Mohammad ben Seif al-Homami a pour sa part indiqué que la sécurité des journalistes est « une des priorités de l’Unesco ». « Partant de là, nous avions travaillé sur une feuille de route pour la sécurité des journalistes et l’impunité qui a été adoptée par le conseil exécutif de l’ONU en 2012 », a-t-il dit. « Notre conférence à Beyrouth vise à renforcer la coopération entre les pouvoirs politiques, les ligues nationales pour les droits de l’homme, les instances juridiques et de la société civile, les journalistes et les syndicats professionnels dans toute la région afin de mettre fin à l’impunité », a ajouté M. Homami.
Moez Chakchouk, sous-directeur général pour la communication et l’information à l’Unesco, a pour sa part mis l’accent sur le taux élevé de meurtres de journalistes dans les pays arabes. « Entre 2006 et 2017, on dénombre 1 010 meurtres de journalistes. La plupart étaient des journalistes locaux qui couvraient la corruption, la politique ou les conflits armés. Le nombre le plus élevé de meurtres de journalistes a lieu dans le monde arabe, avec 338 meurtres entre 2006 et 2017 », a révélé M. Chakchouk. « Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que le monde arabe possède le taux d’impunité le plus élevé dans le monde, avec seulement 1,5 % des meurtres de journalistes résolus », a-t-il ajouté.


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