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Liban - Justice

Poursuites contre Charles Ayoub après les insultes d’« ad-Diyar » contre MBS

Le procureur général près la Cour de cassation, le juge Samir Hammoud, a engagé hier des poursuites contre le rédacteur en chef du quotidien libanais ad-Diyar Charles Ayoub, au lendemain d’un article dans lequel le journal insultait, dans des termes particulièrement virulents, le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane au sujet de l’affaire Khashoggi et du conflit au Yémen.

Le juge Hammoud a ainsi demandé au procureur près la Cour de cassation de Beyrouth d’engager des poursuites contre M. Ayoub en vertu des articles 288 du code pénal et de l’article 25 de la loi sur les imprimés.

Mardi, le ministre sortant de la Justice, Salim Jreissati, avait demandé au juge Hammoud d’engager des poursuites contre ad-Diyar et son rédacteur en chef et directeur, en raison de l’article en question, qui n’était pas signé. M. Jreissati avait estimé que cet article « contient des expressions insultantes et inédites dans le travail journalistique et porte atteinte au prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, tout en minant les relations entre le Liban et l’Arabie saoudite, ce qui constitue un crime en vertu des articles 288 et 292 » du code pénal.

Boukhari

Une délégation de l’ordre de la presse, conduite par son président, Aouni el-Kaaki, s’est rendue hier au siège de l’ambassade d’Arabie à Beyrouth pour exprimer sa solidarité avec Riyad et dénoncer l’article paru dans ad-Diyar.

En présence des ambassadeurs du Koweït Abdel Aal Kinaï et des Émirats arabes unis Hamad Chamsi, M. Kaaki a évoqué devant le chargé d’affaires saoudien Walid Boukhari « un jour noir dans l’histoire de la presse libanaise », faisant part aux diplomates arabes du « mécontentement ressenti par l’ensemble du corps médiatique libanais » face aux propos relatés dans l’article.

« Ce qui s’est produit ne représente pas l’éthique journalistique, que ce soit sur le plan du contenu ou du message », a indiqué de son côté M. Boukhari.

Le chargé d’affaires saoudien a ensuite remercié « le président de la République Michel Aoun, qui s’est personnellement occupé des mesures judiciaires qui ont été prises, ce qui n’est pas étrange, venant d’un président qui représente la modération, le concept de justice et le corps judiciaire libanais », ainsi que le Premier ministre désigné Saad Hariri, « qui a chargé personnellement les juges de suivre cette affaire », le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt et le ministre sortant de l’Information Melhem Riachi.

« Ce qui a été publié n’est qu’une voix dissonante », a-t-il souligné, en précisant que « des mesures diplomatiques seraient prises contre ce quotidien et ceux qui ont porté atteinte » au royaume. « Nous n’accepterons pas qu’il y ait une presse irresponsable qui puisse porter atteinte aux relations entre le Liban et l’Arabie, laquelle a à cœur la sécurité, la stabilité, le soutien et le développement du Liban », a-t-il conclu.

Le Conseil des muftis et Geagea

Le Conseil des muftis a déploré hier « l’attaque menée contre l’Arabie saoudite et son prince héritier Mohammad ben Salmane par certains désaxés qui sèment les mensonges au sujet de l’Arabie et de son sage directoire », qualifiant les propos de « honteux et odieux pour celui qui les a écrits ». Le Conseil a appelé la justice à « prendre des mesures qui mettraient fin aux atteintes » contre Riyad.

Le président des Forces libanaises, Samir Geagea, a condamné de son côté l’article d’ad-Diyar, affirmant que « la liberté d’expression est une chose, et insulter des chefs d’État arabes et étrangers en est une autre ». M. Geagea a appelé le parquet « à se saisir de manière sérieuse de cette affaire pour ne pas que s’effondre l’un des derniers éléments de l’existence de l’État, à savoir un minimum de loi, de régularité et de respect de la vraie liberté d’expression (…) ».

Les anciens chefs de gouvernement Fouad Siniora et Tammam Salam ont également condamné les propos figurant dans l’article.

Charles Ayoub avait déjà comparu fin mai devant l’avocat général près la Cour de cassation, Imad Kabalan, dans le cadre d’une plainte déposée contre lui pour diffamation par les ministres sortants de la Justice, Salim Jreissati, des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et de l’Environnement, Tarek el-Khatib, suite à la publication d’un article publié dans ad-Diyar intitulé « Nous ne permettrons pas que Gebran Bassil prenne le contrôle de la justice ni de l’État ».

En avril dernier, le journaliste avait été brièvement placé en détention provisoire pendant quelques heures dans la caserne de gendarmerie de Baabda, sur ordre de la procureure d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, suite à une plainte déposée par le candidat malheureux aux législatives, Sarkis Sarkis.


Le procureur général près la Cour de cassation, le juge Samir Hammoud, a engagé hier des poursuites contre le rédacteur en chef du quotidien libanais ad-Diyar Charles Ayoub, au lendemain d’un article dans lequel le journal insultait, dans des termes particulièrement virulents, le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane au sujet de l’affaire Khashoggi et du conflit au Yémen.Le juge Hammoud a ainsi demandé au procureur près la Cour de cassation de Beyrouth d’engager des poursuites contre M. Ayoub en vertu des articles 288 du code pénal et de l’article 25 de la loi sur les imprimés.Mardi, le ministre sortant de la Justice, Salim Jreissati, avait demandé au juge Hammoud d’engager des poursuites contre ad-Diyar et son rédacteur en chef et directeur, en raison de l’article en question, qui n’était pas signé....
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