Rechercher
Rechercher

Liban - Presse

« Ad-Diyar » passible de poursuites après un torrent d’insultes contre MBS

Walid Joumblatt s’offusque et accuse le journal de sortir du cadre de la liberté d’expression.

Le ministre sortant de la Justice, Salim Jreissati, a demandé hier au procureur général près la Cour de cassation, le juge Samir Hammoud, d’engager des poursuites contre le quotidien ad-Diyar, en raison d’un article publié dans son numéro d’hier qui insulte, dans des termes particulièrement virulents, le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane (MBS). Le juge Hammoud a chargé l’avocat général près la Cour de cassation Imad Kabalan d’ouvrir une enquête. L’Orient-Le Jour a essayé de contacter le rédacteur en chef du journal, Charles Ayoub, qui n’a pas voulu se prononcer sur ce sujet. M. Jreissati a ainsi demandé à ce que l’auteur de l’article intitulé « Invitation de la part d’“ad-Diyar” à (Walid al-)Boukhari pour visiter nos locaux » soit poursuivi pénalement, ainsi que M. Ayoub, sans le nommer. L’article en question n’est pas signé. Le ministre sortant de la Justice estime que cet article « contient des expressions insultantes et inédites dans le travail journalistique et portent atteinte à MBS, tout en minant les relations entre le Liban et l’Arabie saoudite, ce qui constitue un crime en vertu des articles 288 et 292 » du code pénal.

Sous le chapitre « des infractions contre le droit des gens », l’article 288 dispose que « sera puni de la détention à temps » « quiconque, par des actes, des écrits ou des discours non approuvés par le gouvernement fera courir au Liban le danger de subir des actes d’hostilité, troublera ses relations avec un État étranger ou exposera les Libanais à des représailles dans leurs personnes ou leurs biens ». Quant à l’article 292, il dispose que « seront sur plainte de la partie lésée punis de la même peine : l’outrage public à un État étranger, à son armée, à son drapeau ou à son emblème national ; l’outrage à un chef d’État étranger, à ses ministres ou à son représentant diplomatique au Liban ; la diffamation ou l’injure publique envers un chef d’État étranger, ses ministres ou son représentant diplomatique au Liban ».

S’adressant à Walid al-Boukhari, le chargé d’Affaires saoudien au Liban, ad-Diyar ironise en qualifiant le responsable saoudien de « courageux, tout comme le prince héritier saoudien assassin du journaliste libre Jamal Khashoggi ». Ad-Diyar se livre à un torrent d’insultes contre MBS et M. Boukhari, les traitant de divers noms d’animaux et accusant le prince héritier de tuer des civils et des enfants au Yémen, où l’Arabie saoudite dirige depuis 2015 une coalition militaire arabe contre les rebelles houthis.

L’ordre des journalistes a condamné les propos contenus dans l’article d’ad-Diyar, les qualifiant de « contraires à l’éthique journalistique » et « inédits ». Il a rappelé à Charles Ayoub que la loi sur les imprimés « interdit de s’en prendre aux États frères ». L’ordre des journalistes a enfin fait savoir qu’il serait incapable de défendre en justice M. Ayoub.

En réaction à l’article d’ad-Diyar, le leader druze Walid Joumblatt a estimé que « les propos contenus dans l’article ne s’inscrivent pas dans le cadre de la liberté d’expression mais dans celui des insultes ». « Si la liberté de la presse est garantie dans la Constitution, cela n’autorise pas les journaux et les journalistes à insulter les amis du Liban pour des raisons connues par tous », a-t-il déclaré.

Charles Ayoub avait comparu fin mai devant l’avocat général près la Cour de cassation, Imad Kabalan, dans le cadre d’une plainte déposée contre lui pour diffamation par les ministres sortants de la Justice, Salim Jreissati, des Affaires étrangères, Gebran Bassil, et de l’Environnement, Tarek el-Khatib, suite à la publication d’un article publié dans ad-Diyar intitulé « Nous ne permettrons pas que Gebran Bassil prenne le contrôle de la Justice ni de l’État. »

En avril dernier, Charles Ayoub avait été brièvement placé en détention provisoire pendant quelques heures dans la caserne de gendarmerie de Baabda, sur ordre de la procureure d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, suite à une plainte déposée par le candidat malheureux aux législatives Sarkis Sarkis.

Le ministre sortant de la Justice, Salim Jreissati, a demandé hier au procureur général près la Cour de cassation, le juge Samir Hammoud, d’engager des poursuites contre le quotidien ad-Diyar, en raison d’un article publié dans son numéro d’hier qui insulte, dans des termes particulièrement virulents, le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane (MBS). Le juge Hammoud a chargé...
commentaires (3)

passible de poursuite pour insultes contre MBS, c'est du foutage de gueule !!!!! MBS, c'est bien lui le criminel du Yemen, l'assassin du journaliste saudi et messieurs les libanais c'est lui qui a humilié en l'insultant Hariri qui est le premier ministre libanais, lui qui ordonné de le frappé et en plus il faut respect "cet homme"

Talaat Dominique

18 h 31, le 31 octobre 2018

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • passible de poursuite pour insultes contre MBS, c'est du foutage de gueule !!!!! MBS, c'est bien lui le criminel du Yemen, l'assassin du journaliste saudi et messieurs les libanais c'est lui qui a humilié en l'insultant Hariri qui est le premier ministre libanais, lui qui ordonné de le frappé et en plus il faut respect "cet homme"

    Talaat Dominique

    18 h 31, le 31 octobre 2018

  • Le seul journaliste au monde qui a eu un coup de sang pour ce qui est arrivé à "un collègue" . On va nous dire qu'il est influencé par le hezb résistant , encore ! Remarquez il aurait pu se taire et demander aux charcutiers du royaume "d'indemniser " son silence , aussi , pouff .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 40, le 31 octobre 2018

  • pourquoi "passible", POURQUOI PAS DEJA INCULPE ET POURSUIVI ? y aurait il matiere a reflexion la-dedans, matiere a interpretation pt't ?

    Gaby SIOUFI

    09 h 49, le 31 octobre 2018

Retour en haut