Nos Lecteurs ont la Parole

Attaques répétitives contre l’État

Marwan HARB
OLJ
29/10/2018

Les désaccords répétitifs et continus au Liban sur le pouvoir, que ce soit dans la formation du gouvernement, la loi électorale pour élire un Parlement ou encore l’élection d’un président de la République, révèlent une crise profonde du système politique et une carence grandissante au niveau du fonctionnement des instances constitutionnelles.

Ces différends ne concernent ni le respect de la Constitution, ni les armes en dehors de la légitimité étatique, ni la politique vis-à-vis des crises régionales dans le monde arabe, ni la politique économique, ni la politique sociale, ni la gestion de la crise des réfugiés, ni l’égalité des chances, mais le partage de la dépouille de l’État entre les partis politiques.

Tout le monde sait que la soi-disant « entente » qui a mené le général Michel Aoun à la présidence de la République ne prévoyait pas la résolution de ces dossiers. La classe politique est néanmoins allée plus loin encore, décidant de les ignorer totalement. Comme s’ils n’existaient pas.

Cependant, malgré le désintérêt total pour ces questions vitales pour la survie du système politique, le désaccord et l’incapacité à former un gouvernement ont révélé la cupidité et la rapacité disproportionnées des partis politiques pour sécuriser des sièges ministériels qui leur permettent une mainmise encore plus forte sur l’argent public. Lorsque les vraies questions qui pèsent sur la vie des Libanais sont marginalisées, la vie politique devient fondamentalement corrompue. Ainsi, nous assistons à un affrontement acharné contre les instances publiques de l’État qui mènera à une destruction inéluctable des institutions publiques. Les affrontements répétitifs sont la révélation visible d’une lutte contre l’État, et non pour l’État. Si certains se voilent la face sur cette vérité et croient, résignés, que c’est un affrontement entre différents projets pour renforcer l’État, c’est un affrontement pour achever ce qui reste d’un État affaibli, précaire et en décomposition.


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Remy Martin

Et on sait très bien qui a l'ultime objectif de donner le coup de grâce à l'Etat pour mieux se l'approprier ... Bonne sieste les Libanais, en attendant le réveil qui ne sera pas de toute quiétude.

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