C’est à la faveur de la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire que le Premier ministre désigné, Saad Hariri, s’est employé à remettre les pendules à l’heure concernant le processus de formation du gouvernement. S’il a assuré devant les journalistes accrédités à la Maison du Centre que ce processus n’est pas interrompu, il a été très clair quant aux critères sur base desquels il tente de mettre en place son équipe, pendant que le CPL réaffirmait que le portefeuille de la Justice fait partie de la quote-part du président.
D’emblée, le bloc a ainsi souligné dans son communiqué que « les espoirs de formation du cabinet qui étaient sur le point de se concrétiser le week-end dernier ont été vite balayés par un nouveau lot de conditions, de critères ainsi que par une escalade verbale de plusieurs partis politiques ». Il a de nouveau rappelé qu’il appartient au Premier ministre désigné et au chef de l’État de conjuguer leurs efforts « pour parvenir à une formule gouvernementale cohérente, dans le cadre de laquelle les membres de la nouvelle équipe œuvreront ensemble pour faire aux échéances économiques, sociales et de service ».
Le bloc a insisté sur la volonté de Saad Hariri de mettre en place un gouvernement d’entente nationale, soulignant que son chef « rejette les appels à isoler telle ou telle partie, ou les paris sur des changements inutiles ». « Il fait assumer aux parties qui tiennent un discours opposé les conséquences du retard dans la formation du gouvernement et d’une atteinte aux règles de l’équilibre national requis », selon le communiqué qui rejette les tentatives de fixer au Premier ministre désigné sa propre représentation au sein du cabinet, en allusion à la volonté du Hezbollah de nommer un ministre sunnite qui lui est proche. « Cette représentation n’est pas prévue à l’ordre du jour du processus de formation du cabinet et risque, si elle est maintenue, d’ajouter un nœud supplémentaires à ceux qui empêchent jusque-là la formation du cabinet », a averti le bloc. « Ce nouveau nœud n’a pas d’autre fonction que d’imposer des conditions nouvelles et inacceptables qui ne seront en aucun cas reconnues par le Premier ministre désigné », conclut le bloc de Saad Hariri.
Avant la réunion, M. Hariri, qui répondait aux questions de la presse, s’est exclamé : « Je ne sais pas d’où vient l’idée selon laquelle le courant du Futur a laissé tomber un de ses portefeuilles », en allusion à la rumeur selon laquelle il aurait finalement renoncé à celui des Télécoms. « Les contacts se poursuivent avec les différentes parties », a-t-il ajouté.
Le bloc aouniste, réuni hier sous la présidence du chef du CPL, Gebran Bassil, a pour sa part insisté sur le fait qu’il a « contribué au maximum au règlement des nœuds qui persistent », mais que son souci premier reste de faire en sorte qu’il y ait une représentation juste de tout le monde, en fonction du poids de chacun, révélé après les législatives. C’est le député Ibrahim Kanaan qui a donné lecture du communiqué du bloc, lequel a affirmé que ce n’est pas l’attribution du portefeuille de la Justice qui pose un problème. « C’est la part du président qui a le droit de disposer des moyens pour une réforme efficace. La Justice était attribuée au président de la République. En l’absence d’une alternance au niveau de la distribution des portefeuilles, il est de son droit de le garder », a expliqué Ibrahim Kanaan.
« Se plaindre ne sert à rien, les conflits non plus (...) Nous espérons voir dans les prochains jours un gouvernement d’union nationale représentant tous les Libanais, a poursuivi le député. Les nouvelles demandes sont déplacées, et nous devons faire face aux échéances ensemble : la conférence CEDRE, les déchets, l’électricité et l’éducation. »


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13 h 46, le 24 octobre 2018