Le chef des Kataëb, Samy Gemayel, a appelé hier les différentes parties à « s’unir et à se rallier autour d’une vision claire pour édifier l’État ». « Tout accord (entre Libanais) qui n’est pas basé sur une vision stratégique du Liban est éphémère », a-t-il estimé. « Cela fait des mois que nous attendons que les différentes parties s’entendent sur la formation du gouvernement », a ajouté M. Gemayel lors d’un dîner avec la communauté libanaise de Toronto, dans le cadre d’une visite de quelques jours au Canada. « Mais elles se disputent leurs parts au lieu d’œuvrer à proposer et discuter d’une vision claire susceptible de sauver le Liban de l’effondrement et de lui restituer sa souveraineté », a-t-il déploré.
Revenant à la charge, il a souligné que les discussions menées aujourd’hui sont axées sur les « quotes-parts » des différentes parties « comme s’il s’agissait d’un accord commercial et non des problèmes d’un pays ». « Aucune vision pour sauver la situation économique n’a été proposée, alors que les dettes du Liban se chiffrent à 85 milliards de dollars et son déficit annuel a dépassé les sept milliards de dollars (…), a encore insisté M. Gemayel. Qui se soucie de la partie qui aura la plus grande part alors que la moitié des Libanais vivent dans la misère, que 35 % de la population est au chômage dont 30 % de jeunes ? » Il note en outre que « le problème des Kataëb avec la ligne politique actuelle, c’est qu’elle est basée sur les intérêts partisans et personnels, et non sur un projet politique pour le pays ».
M. Gemayel a ensuite confié que les discours sur les « victoires » le désolent, alors que le pays « s’effondre ». Il a affirmé que les Kataëb « ne baisseront pas les bras ». « Nous allons réaliser le rêve que nous voulons pour le Liban pour qu’il soit souverain et indépendant, avec pour seules armes celles de l’armée », a-t-il martelé. Il a, dans ce cadre, constaté que « la question des armes du Hezbollah n’est plus à l’ordre du jour des discussions après le compromis qui lui a permis d’obtenir des postes et des ministères ».
Appelant à un retour vers « la période d’avant 2005 (année de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri), lorsque nous avions une cause et que rien ne nous séparait (…), parce que nous luttions pour un Liban uni », M. Gemayel a appelé tout un chacun à assumer ses responsabilités dans l’édification de l’État.


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LE TITRE EST BIEN CHOISI. IL DIT TOUT.
18 h 21, le 22 octobre 2018